Lettres

Eva David « écoute »

Par Eva David

le  30 avril 2021

** Une écoute curieuse que je transcris ! Je vois sur internet Madame Claude et me mets à écrire sous une dictée muette !
*** J’ai passé ma vie à être une autre et j’ai réussi !
Il me fallait choisir entre la banalité, la lâcheté et me rencontrer hors ce cirque et quant à vous, vous ne vieillirez jamais, car vous portez une nonchalance d’enfant et ça n’a pas de prix ! Vous créez me dites-vous, bien, mais vos travaux sont des bannières ! Savez-vous que je vous mets en haut lieu des combattants, ceux qui muent le monde !  Vous barrez à coups de pinceau, toute forme de prostitution dans l’art !
** Mais vous ne pouvez pas mieux dire et là, je baisse les bras !
Ma fonction de peintre n’a pas comme but à me mettre dans le défilé de mes prédécesseurs, mais de redresser le tir des pensées fausses et fabriquées sur l’art ! — Mais revenons à vous !
*** Mais c’est pareil ! Sortis des accoutrements, nous sommes mis à nu ! Le savoir, changerait-il les rapports qui deviendraient de qualité ! La différence est un leurre, elle n’existe pas ; la différence est une fabrication des hommes engrangés dans la matière ; tout est lié, tout, de la plus petite herbe jusqu’aux dinosaures toujours présents même si l’on ne les voit pas ! C’est la mémoire, tout est mémoire !
** Avoir une telle conversation me ravit, mais aussi me surprend !

Le 3 mai 2021

« Qu’est-ce qu’est l’art que
de libérer la pensée en un
devenir meilleur, loin de
la lourdeur de la matière » !

*

Le 5 mai 2021

Chère Mylène ! Le temps s’esquive
comme une vierge effarouchée sans
que nous ayons goûté à l’élixir de la
vie et roulons comme des galets, ballottés
par le bon vouloir d’un capricieux
de cieux ! La suite, sans commentaire !

Pourquoi faut-il absolument être heureux, je ne le comprends pas ? C’est un travail que le bonheur et ça demande une attention et une perspicacité comme les points de broderie faits pour une robe nuptiale !

Le 6 mai 2021

Faut-il obligatoirement s’inscrire sur la grande ligne ?
Pour naître, est-ce obligatoire ? Et si on meurt avant, qu’est-ce qui se passe ? Dilemme !
Je pense à une chose : faut-il un certificat pour vivre et où on le trouve ? Compliqué !
Moi, je fais semblant et m’esquive, comme ça, en cas de rafle, on ne me voit pas ! Bien sûr, je justifie mon existence en donnant tout, comme ça, on me pardonne, mais quand même, car en catimini, l’œil qui scrute voit !
J’ai trouvé une solution : et si les choses étaient à
l’envers ? Oui, tout est à l’envers ! Quand le miroir reflète je ne sais quoi, c’est obligatoirement à l’envers ! Donc, si on réfléchit bien, je suis à l’envers ! Alors, ce n’est pas moi et si ce n’est pas moi, je ne risque rien !
Tout ça est bien,, mais il faut que mon raisonnement, je le mette à l’endroit ! Mon Dieu que c’est fatigant !
Donc ne pas être serait la solution ! Point de fatigue, ni peur, mais ni joie non plus ! Mauvaise affaire ! Il faut que j’y pense !
Bon, là je n’ai parlé que de moi, mais les autres ? Il y a plein d’autres et ça compose un orchestre ; qui va jouer si c’est à l’envers ? Le vide ? Mais le vide ne fait pas de la musique ! Dilemme !