Artisanat

La chronique gastronomique d’Antoine Benouard N°7. Octobre 2021

Rendez-vous à Paris avec la sérénissime

LA CHRONIQUE GASTRONOMIQUE D’ANTOINE BENOUARD

N°7 Octobre 2021

RENDEZ-VOUS À PARIS AVEC LA SÉRÉNISSIME

 

Il y a du sacré et de la couleur dans la gastronomie vénitienne. J’évoquerai, en guise d’antipasti à cet article, deux peintres vénitiens du XVe siècle. Bellini – Giovanni – que les profanes confondent parfois avec le Bellini musicien du XIXe – Vincenzo. « On a l’impression que Bellini [Giovanni] peint comme il prie », écrivait l’admirateur Philippe Sollers dans son Dictionnaire amoureux de Venise (Plon, 2004). Il faut avoir Bellini en tête quand on a Venise en bouche. Pour aider, on peut d’ailleurs commencer les festivités par le cocktail qui porte son nom – encore une fois celui de Giovanni et non de Vincenzo – à base de Prosecco et de pulpe de pêche blanche. Un régal, gouleyant et suave. Il vous fait monter au ciel, rencontrer les anges et apprécier le retour sur terre. Je ne peux ne pas évoquer, pour l’anecdote et parce qu’il le mérite également, Vittore Carpaccio, qui a donné l’écarlate de ses tableaux au découpé de bœuf en tranches fines du même nom. Je voulais vous parler de ces deux artistes pour que vous n’oubliiez plus désormais, en dégustant un Bellini ou un carpaccio, que vous savourez, en quelque sorte, des peintres de l’école vénitienne. Regardez bien la couleur des plats, ils sortent tout droit de l’atelier. Mais revenons à Paris, du côté du CAC 40. Rue Vivienne, au 27, au Mori, où Venise continue, avec ferveur, à se déguster. On peut commencer le bal par se saisir, en tout bien tout honneur, d’une marquise de porcelaine toute vêtue d’une robe de jambon de Bordhigiana que l’on déguste avec des fruits confits aux essences de moutarde. Ludique, érotique, exotique, esthétique, un peu étrange, joli, délicieux. Beau début de balade en gondole et mise en bouche garantie. On peut poursuivre le voyage avec les linguines aux palourdes de l’Adriatique – passere alle vongole – qui présentent, outre leur délectable sauce in bianco (en blanc), deux atouts indiscutables : la cuisson al dente parfaite des pâtes — bravo au chef – et la présence ô combien bienvenus de morceaux entiers – ce n’est pas si courant – de boutargue de mulet. Une rencontre étincelante de substances, de saveurs, une merveille. On peut enchaîner – c’est ce que j’ai fait non sans audace – avec un « secondo piatto », à savoir le royal « Belfritto » qui réunit dans une assiette magnifique toutes les célébrités de la mer : éperlans, sardines, petits calamars, langoustines et quelques légumes, eux bien terrestres, également frits, le tout accompagné d’une sauce joyeusement nommée Tartarina. Le plat est généreux, chantant, les poissons sortent de la mer et la friture frétille. Puis et enfin, arrivé à quai, on peut conclure, si l’on veut, par un sorbet à la figue qui mérite nonobstant toute notre reconnaissance. Le Tiramisu n’était pas loin, bien tentant, mais je l’ai programmé pour la prochaine escale. PS et confidence : on a arrosé l’ensemble d’un vin blanc frais de la Valtellina, loin d’être inutile. Un mot sur l’établissement dont le décor est signé Philippe Starck : il est chic tout en étant sobre, confortable sans ostentation. On peut y déjeuner au calme. Les tables sont espacées. Le service efficace. Matthieu Mori, féru de circuits courts, d’environnement et de qualité des produits, qui dirige avec son père Massimo et avec brio l’établissement, me commente l’aventure : « Notre philosophie repose sur le respect du terroir, l’origine des produits, la tradition, tout en y ajoutant une touche contemporaine ». Pari gagné. Buon appetito !

 MORI Venice Bar 27, rue Vivienne. 75002 – PARIS. Réservations : mori-venicebar.com Téléphone : 01 44 55 51 55 Compter 100/150 euros par personne.

La chronique gastronomique d’Antoine Benouard. Juin 2021

Mythologie du steak tartare

On peut regarder le steak tartare à travers les trois célèbres dimensions lacaniennes du symbolique, de l’imaginaire et du réel.Le symbolique d’abord : la dégustation d’un steak tartare est toujours un événement. Il marque un arrêt dans le quotidien. Il est la pause Tatare dans la journée occidentale. Il est un rituel où le libre arbitre — l’accommodement volontaire des sauces — rencontre la prédétermination — le steak est déjà bien établi avec ses (précieux et incontournables) accessoires (les frites et la salade). Il est le choix et le non-choix, la liberté et la contrainte, la simplicité et la sophistication. Il est le combiné ambivalent du cru précivilisationnel et du presque cuit par les feux de la moutarde, de la conversation (à table) et de la sauce Worcestershire. Il est le retour du cannibalisme enfoui, de la transgression enfin autorisée, de la dévoration archaïque qui se mute en assiette bistrotière. Il est le champ conquis par la ville, la ronce domestiquée par l’herboriste. Il est la barbarie s’abouchant avec la culture. Texte intégral

La mode selon Élisabeth Duda

Par Sergiusz Chądzyński

Récemment, les Césars ont attiré plus que d’habitude notre attention sur le monde du cinéma, et ceci nous rappelle que « Saisons de Culture » y met aussi son grain de sel. Certes, notre association ne participe pas encore à la production de films qui pourrait rivaliser avec des géants comme Gaumont ou Pathé, mais elle commence à se lancer courageusement dans le domaine jusqu’alors connu uniquement à travers les excellents articles de Pascal Aubier. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais… Texte intégral

Portrait d’une pionnière en cosmétique

Par Sabine Hogrel et Mylène Vignon

Née dans ce Berlin des années 20, juste avant la grande dépression qui la fit grandir trop vite, Annemarie entre, dès l’âge de 14 ans, comme apprentie. Mais les affres de la seconde guerre mondiale frappent le clan familial et la maladie emporte son père en 1944. Existent pourtant des destins hors du commun qui s’imposent comme des évidences… La bonne étoile d’Annemarie est sa rencontre avec celui qui deviendra son futur mari, l’industriel Walter Lindner. Intelligente, elle l’épaule dans ses affaires avant de devenir sa femme en 1946, sans que les 22 années d’écart n’y changent rien.Texte intégral

Le parfum de la beauté

Par Sabine Hogrel et Mylène Vignon

Mettre de la beauté dans sa vie commence souvent par le prendre soin de soi. Dans l’antiquité, les égyptiennes hydrataient leur peau d’huile d’amande amère, de cumin ou encore de Lys. Le maquillage était considéré comme un art. La légende raconte que suite à un combat contre Seth, Horus perdit son œil et le recréa grâce au khôl, aux onguents, à la cire… afin de rétablir la perfection de sa beauté. Texte intégral

La chronique gastronomique d’Antoine Benouard. Février 2021

Le poireau et sa vinaigrette

Un soir, je revis une dame avec laquelle j’avais vécu plusieurs années dans une passion torride et difficile. Vingt années plus tard, la passion s’étant refroidie, je l’invitai à dîner dans une brasserie connue du côté de Montparnasse et dont le nom contient des lilas pour l’éternité. Elle m’apporta un cadeau de retrouvailles enrubanné : c’était une barquette qui contenait quatre poireaux sertis de leur vinaigrette. J’en fus à la fois gêné et flatté : la mémoire de toute ma personnalité se trouvait curieusement condensée dans cet écrin au parfum d’échalotes. À table, à côté, dans cette brasserie réputée, les gens effarés observaient la transaction sans la comprendre. Texte intégral

En voyage à Munich, la voie royale !

Para Mylène Vignon et Sabine Hogrel

Sur les traces de Ludwig

Nous avons eu la très grande chance d’être les lauréates du concours qui récompensaient le meilleur article consacré à la beauté, organisé par la société Beautypress.

Au départ de la Gare de l’Est, nous avons emprunté en TGV le chemin des diligence, traversant émerveillées, la si romanesque région des châteaux de Louis II de Bavière. Texte intégral

La beauté et le gemme

Avec Gemology

Chrystelle Lannoy a fondé Gemology Cosmetics selon ses propres valeurs en associant les pierres précieuses et des essences de fruits et de fleurs, après trois années de recherches en laboratoire. Les soins du visage et du corps ont été testés récemment par Saisons de Culture, par une journée de froid hivernal à Paris. Ce fut un véritable bonheur, que nous souhaitons partager au maximum.Texte intégral

La chronique gastronomique d’Antoine Benouard. Janvier 2021

La graine et le bouillon

Le plat ne date pas d’aujourd’hui. Même les morts l’emportaient avec eux. Des vestiges de couscoussier, dit-on, furent retrouvés dans des sépultures de l’époque de Massinissa, roi berbère de Numidie (202-148 av. J.-C.), et je me dis  : « Que l’on m’enterre donc moi aussi avec mon couscoussier ! ». Rabelais l’évoquait dans ses œuvres sous le nom de « coscossons » (« Gargantua ») tout comme Alexandre Dumas (père)  qui lors d’un séjour à Constantine — ville que je décrète dès ce jour ville mondiale du couscous (normal : j’en viens) — saliva comme un fou sur le « couscoussou ». Texte intégral

L’Atelier des Rendez-vous

Par Sabine Hogrel

Il y a ces couleurs de la vie, celles qui s’harmonisent en notes chaudes qu’un indigo, la septième couleur de l’arc-en-ciel, vient temporiser au grès de nos envies d’ombre et de lumière. Poudres du printemps à l’automne, de l’été à l’hiver, Nicolas Liorel et Rémi jouent chaque jour, du mercredi au dimanche, une partition de tons qui se fondent dans nos chevelures… Texte intégral