Lettres

Un message dans une bouteille

Par Magdalena Kiełbowicz, traduction Krystyna Bourneuf

Depuis trois jours, je me promène avec un casque sur la tête. Tante Ida est arrivée et elle m’a apporté en cadeau un casque de vélo qui ressemble à ceux que portaient les Vikings ! Tante Ida est l’amie de grand-mère Janina. Elle est Suédoise, elle habite de l’autre côté de la mer Baltique, dans un petit village, Karlskrona. Elle-même ne ressemble pas du tout à un Viking, plutôt à la bonne fée du conte de Cendrillon. Mais moi, avec mon casque, je suis la plus grande des guerrières, comme mon fidèle compagnon (Tropchou a reçu le même casque et il l’aime beaucoup, lui aussi). Quand tante Ida était petite fille, elle a écrit une lettre, elle l’a mise dans une bouteille et la jeta à la Baltique. Texte intégral

Laissez parler les p’tits papiers…

Par Sabine Hogrel

Et chez Mylène, ces p’tits papiers ont beaucoup parlé mais pas que… Tout ce qui pouvait traîner dans l’appartement sous les piles de livres… Chouette, un autre magazine de déco ! Des vieux journaux utilisés normalement pour nettoyer les vitres, toutes ces reliques de notre ancienne vie avant le C., des cartons d’invitation, des photos de sculptures, de tableaux… Les oubliés des tiroirs, des placards, des boîtes entassées derrière le paravent, les bouts de rubans, plumes, ailes d’anges, ficelles, cartes postales… Texte intégral

La parallèle lumineuse d’Esther Ségal

Par Cybèle Air

De l’oreille à l’œil, la distance se joue dans le timbre, la voix tenue et chaleureuse, le ton pétillant, et pour l’œil, le silence de la lecture, la liberté du rythme, l’aspiration au point d’orgue, pour réfléchir. De l’oreille à l’œil, la distance se joue dans la lenteur. Les émissions radio d’Esther Ségal sont d’abord des textes écrits, savants, mais écrits pour être proférés. Leur musique en volutes, leurs tours et retours, conceptuels et méditatifs, laissent l’auditeur avide de la prochaine émission, et désireux d’un silence : faire silence après un tel voyage. Une sélection rassemblée dans le recueil Le sentier des étoiles, met à portée d’yeux, le texte mystique d’une artiste érudite et libre. Texte intégral

Un printemps pascalien : demeurer seul dans une chambre

Par Cybèle Air

Se dessine un moment pascalien en ce printemps 2020. Dans ses Pensées Pascal (1623-1662) écrit : « j’ai découvert que tout le malheur de l’homme vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre ». Etre face au gouffre infini, au manque définitif, prendre conscience qu’aucun objet fini, jamais, ne pourra venir combler le désir d’infini que nous sommes, telle est bien l’expérience radicale à laquelle Pascal nous convie. Rien, « astres, ciel, terre, éléments, plantes, choux, poireaux, animaux, insectes, veaux, serpents, fièvre, peste, guerre, famine, vices, adultère, inceste », la liste drolatique et tragique déployée par Blaise montre l’inanité à vouloir combler l’ouvert, à vouloir tenter d’en finir avec le désir. Lacan dirait que nous sommes des « sujets barrés », marqués par la scission, la déchirure, l’incomplétude. N’est-ce pas ce qui suscite la création ? Texte intégral

L’art d’écrire pour les enfants est un don exceptionnel…

Par Krystyna Bourneuf

„Les enfants ne font pas semblant d’écouter, ils baillent quand il s’ennuient”, rit en réponse Magdalena Kiełbowicz. „Pour reproduire l’imaginaire et le merveilleux qui sont leur quotidien, il faut savoir garder un peu de son âme d’enfant”, ajoute-t-elle modestement. Les enfants sont très sensibles. Là où nous, les grandes personnes, profitons de nos acquis, des expériences et de l’éducation, eux font appel aux sentiments. Texte intégral

La vie inimitable par Henri – Hugues Lejeune.Éditions Unicité

Par Mylène Vignon

Dans ce recueil si foisonnant de souvenirs, Henri - Hugues Lejeune déploie toute la palette de son talent d’écrivain. Mémoire d’enfance ou souvenirs de son passé de diplomate, les histoires s’enchaînent avec cette infinie profondeur, qui crée chez lui le style et engendre l’écrivain. Henri - Hugues Lejeune connaît et maîtrise bien la littérature. Il le prouve sans cesse à travers ses nombreux travaux littéraires. Texte intégral

Ta putain de vie commence maintenant

Par Mylène Vignon

En découvrant ce manuel destiné à nos adolescents souvent perturbés par leur sortie de chrysalide, j’ai été saisie par l’importance des mots. Les conseils avisés de l’auteure touchent le cœur du problème lié à cette transformation physique parfois violente, que subissent les jeunes à un moment clé de leur vie. Tu es le pilote de ta vie, et tu dois aimer ta différence, que tu sois trop petit, trop grand, trop enveloppé, trop roux, avec un système pileux trop développé ou au contraire sans poils...ce qui compte, c’est ton unicité ! Tu dois te réjouir de tes particularités, car tu es unique au monde. Écrit à l’encre de l’intelligence, dans une langue parlée par les ados, Louise touche directement la matière cognitive de sa cible. Extrait : (page 22)Texte intégral

Il faut qu’on parle. 60 petits dialogues illustrés

par Katy Sroussy

Il faut qu’on se parle, est la parole essentielle et fondamentale pour retrouver de la sérénité dans une société si écorchée par les problèmes relationnels et de communication.Caroline Kruse, conseillère conjugale et familiale, thérapeute du couple depuis une trentaine d’années, engagée dans plusieurs associations de soutien à la famille et chroniqueuse dans le Huffington Post, dévoile dans son ouvrage, les motifs de désaccords du couple qui reviennent souvent lors de ses consultations, et donne  les clefs pour arriver à les surmonter.Benoit Bastard, sociologue et chercheur, auteur de travaux sur la famille et la justice, dessinateur, a réalisé les dessins de cet opuscule illustré. Texte intégral

Réponse à une enquête

Par Monique Stalens

Bonsoir, Voici ma réponse à une enquête que j'ai reçue au sujet du "métier" de comédien....Depuis le début de son existence, l'Atelier Théâtre Monique Stalens, s'est  déclaré "atelier de théâtre AMATEUR". C'est même une revendication qui nous permet de rester un THEATRE PAUVRE avec tout ce que cela suppose de risque et  de liberté... Texte intégral

Christian Boltanski, Faire Son Temps Au Centre Pompidou

Par Henri-Hugues Lejeune

Je recopie, à chaud ou presque, mes notes sur Boltanski en l’occurrence, dont je m’avise qu’elles relèvent plutôt du poème en prose que du compte-rendu. Il n’est pas ici question d’une œuvre d’art, ou de plusieurs, voire d’un ensemble, mais de l’un et du multiple, de l’être dans le monde et de celui-ci, Boltanski peut-être, en face de cet univers où il -et nous- évoluons. Peut-être aussi comment tout cela se passe, sans raison bien évidenteTexte intégral

Anachronique du flaneur N° 26

par Marc Albert-Levin

Chère lectrice, cher lecteur Poursuivi jusque dans le métro (quand il roulait, avant la grève) par des affiches gigantesques de « la Belle Ferronnière » … Cinq siiècles après sa mort, assailli dans tous les kiosques à journaux par de volumineux numéros spéciaux à sa gloire, j’ai voulu moi aussi partir à la recherche de Léonard de Vinci. Vous verrez que malgré tous mes efforts pour me hisser à la hauteur d’un aussi noble sujet je n’ai trouvé, une fois de plus, que le misérable Zéglobo Zéraphim.A la recherche de Léonard de VinciLe peintre occidental le plus connu au monde, demeure en réalité très mystérieux, presque aussi mystérieux que le sourire de la Joconde que 30.000 personnes par jour viennent contempler au musée du Louvre à Paris. Et l’actuelle exposition dans ce musée, pour célébrer le 500e anniversaire de sa mort, nous permet de nous demander : Que savons-nous au juste du plus français de tous les peintres italiens de la Renaissance ? Texte intégral