Lettres

Marie Bal – Hymne à Muriel Cerf

Par Mylène Vignon

Pour un premier livre, c’est un coup de maître. Il faut souligner que la barre était placée au paroxysme de la hauteur. Les mots sont soignés, livrés au lecteur dans toute leur puissance. Le ton est celui de la connaissance de l’incertain. L’on pourrait penser que les deux femmes s’étaient rencontrées…mais non. L’auteure de ce livre à caractère biographique a découvert l’œuvre de Muriel en 2014, après le décès de celle-ci. S’en est suivi un travail de fond, dans le bureau de l’écrivaine. Les archives ont été triées, décryptées, dévoilées. Mais pas à n’importe quel prix ! Alors, on comprend pourquoi Muriel Cerf n’a pas été reconnue à sa juste valeur. Nous avons tous en mémoire une émission calamiteuse chez Ardisson, en compagnie de la chanteuse Lio, où il fut question de Cantat, suite au dernier livre de Muriel Cerf paru : Bertrand Cantat où le chant dès automates. Là, on prend toute la mesure de la mise à l’écart de Muriel. Comment se remettre d’un choc d’une telle violence ? Marie Bal nous présente une Muriel Cerf adombrée et ce livre donne envie de lire l’intégralité de l’œuvre de cette grande romancière au style inimitable. Bravo à Marie Bal pour toutes les mises en lumière qu’elle nous apporte au fil de ce livre passionnant.
Extrait
« Muriel Cerf suivra intuitivement dès l’âge de vingt-trois ans, où elle fut reconnue par l’Antivoyage, cette route de la pensée inachevée, en devenir, tout occupée sur les pas de la prophétie. Le funambule sur son fil…La santé créatrice avant tout, si vitale par ces temps de confinement. Elle répétait la phrase de Paul Claudel sans cesse : « Le pire n’est jamais sûr » ; la pauvre Camille Claudel usait encore plus de cet adage que son frère, comme en attestent les lettres retrouvées dans la cave de l’hôpital psychiatrique où elle fut enfermée trente années durant (…) »

Née en 1970, Marie Bal a eu la chance d’avoir Lino Ventura comme grand père-adoptif. Humour, chaleur humaine, élégance et sens de la comédie, ont nourri sa jeunesse.
Marie Bal écrit dans des revue depuis 2014. Elle est passionnée de théâtre depuis une expérience de sept ans, dans une compagnie universitaire. Elle participe actuellement à un atelier de théâtre en tant qu’actrice et en rédige la chronique.

(Editions Unicité)