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Danse avec les corps

Propos recueillis par Mylène Vignon

« Une ligne est un point qui est parti en promenade. » Paul Klee


Parfois un simple trait suffit pour faire apparaître un corps. Une ligne qui vacille, une matière qui se tend, une couleur qui surgit dans l’élan du geste : le mouvement devient présence. Danse avec les corps réunit trois artistes dont les pratiques, bien que différentes, se rejoignent dans une même attention au corps en mouvement. Chez Robert Moro (1934–2024), quelques traits d’encre suffisent à faire surgir des silhouettes fragiles et vibrantes. Réalisées au pinceau dans l’élan du geste, ses figures semblent naître d’un seul souffle, entre dessin et calligraphie. Les sculptures de Coskun donnent à cette présence une densité charnelle. Taillées dan la masse, ses corps portent la trace des tensions et des forces qui les ont façonnés, comme saisis dans un équilibre fragile.
Chez Hélène Jacqz l’engagement physique du corps guide le geste qui donne naissance à la peinture. Travaillant au sol avec de larges rouleaux, l’artiste projette la couleur dans un mouvement ample et instinctif, proche d’une choré-graphie. Les couleurs dialoguent, s’affrontent ou fusionnent comme des voix dans une composition musicale.
Entre souffle du trait, tension de la matière et élan de la couleur, l’exposition crée un espace de rencontre dans lequel les œuvres semblent dialoguer, comme si le geste de chacun poursuivait le mouvement de celui de l’autre.

(Moufida Atig)

Variations graphiques des corps qui dansent

Le Centre Fontblanche – à Vitrolles, près de l’étang de Berre, au cours des années 1980 – réunissait dans l’esprit du Bauhaus, toutes sortes de métiers artistiques. Robert Mollard-Moro y enseignait les arts textiles. D’autres artistes la danse, la sculpture ou l’orfèvrerie.
Dans l’entre-deux des arts plastiques et de la danse, mon frère Robert y improvise des dessins cro-qués sur le vif. Des sortes d’arrêts sur images réalisés dans l’instantané avec des pinceaux chinois. Des formes déployées aux limites de figurations et d’abstractions. Une sorte d’écriture corporelle ou chaque dessin exprime la tension d’un mouvement dont la succession crée les traces d’un al- phabet en devenir : toujours inachevé, il ne cesse de se réinventer dans une danse graphique et corporelle. La grâce d’instants privilégiés, de rythmes presque musicaux qui créent une arborescence sans cesse interrompue, toujours recommencée. De la création à l’état pur. Fragile comme des corps en apesanteur. Fulgurante comme des éclairs. Rayonnante comme des lumières de vies, des sur- gissements sonores.

(Claude Mollard Hommage à mon frère 2026.)

Du 6 au 29 avril 2026 du mardi au samedi de 14h à 19h

Galerie Terrain Vagh – 24 rue des Fossés Saint Bernard Paris 5e

www.galerieterrainvagh.com