Les Estivales de Cancale – Le cri de la terre confié à la mer
Par Mylène Vignon
Entre Terra et Ostrea, se tient actuellement une exposition remarquable, qui unit cet été 2026 les créations de Claude Mollard, dont l’œil pareidolique* ne cesse de scruter les expressions de la nature, notre terre si généreuse laisse retentir son cri de souffrance…
La scénographie des photographies invite le visiteur à se projeter dans une forme de méditation qui permet de conscientiser le réel. Aucune complaisance n’est requise dans la monstration du chemin encouru ! Nous sommes en plein centre névralgique du cœur de la vie, dans le lieu où le point de non-retour est déjà dépassé. Toute la force animiste de l’auteur de cette œuvre anthropomorphe magistrale se révèle ici !
C’est donc en conscience qu’il faut visiter cet ensemble d’œuvres origèniques augmentées de leurs cartels rédigés par l’artiste, sous forme d’écrimages poétiques :
Le cri de la terre
C’est un cri unanime,
car la terre est victime
de la torpeur humaine
et du règne de haine
qui s’empare du monde
enfermé dans la peur
des puissances immondes.
Écoutons la parole
sans crainte qu’elle s’envole
Des êtres de la terre
qui souffrent de la guerre
que leur livrent les hommes
ces êtres que je nomme
alors, ainsi soient-ils,
Êtres des origines,
Origènes des îles.
Entendons-les parler…
Celui de la forêt,
le lieu où disparaît
l’hydre trop inhumaine,
nous fait part de sa peine…
Le cri de la forêt
cessera-t-il jamais ?
Moi, hurleur passionné
Je crie sans m’arrêter.
Lui répond aussi fort,
de la mer qui fait corps
avec les Origènes,
un cri plein d’oxygène !
Le grand cri sur la plage
Cessera-t’il jamais ?
Êtres de mer en rage
ne cessent de clamer !
Regardons le dragon
qui garde la raison :
du haut de son vieil arbre
Il est sage en palabre,
ancien comme la terre,
profond comme la mer.
De son tronc millénaire
que les mains ont poli
le dragon lance un cri
d’horreur qui désespère
de l’humaine raison :
les terriens nous délaissent !
Que le tonnerre résonne
et que la foudre entonne
le chant de la sagesse !
Des cris tout en images
lancés en écrimages.
Cette exposition cancalaise qui rassemble des prises de vue issues des cinq continents, mériterait indiscutablement de parcourir le monde.
Claude Mollard pionnier et témoin de l’épopée du Centre Beaubourg, haut fonctionnaire passionné d’art et de culture, inventeur de l’ingénierie culturelle et homme de lettres, est également photographe plasticien.
Le hasard du calendrier des expositions a voulu qu’à quelques kilomètres de Cancale, précisément au Palais des Arts et du Festival de Dinard, se déploie une présentation des œuvres de Jean Dubuffet dont l’édification de la célèbre Tour aux Figures qui vient de célébrer ses quarante ans, fut signée par un certain… Claude Mollard.
*Regard oblique de visions, captant des visages que forme la nature.
Copyright : Claude Mollard
Les Estivales à Cancale – Le Cri de la Terre
La Halle à Marée du 16 juin au 12 Juillet 2026
Port de la Houle – Cancale
