Joseph-Antoine d’Ornano. Une saison inventée
Par Mylène Vignon
À la lecture de ce précieux recueil, j’aime à me souvenir de cette pensée de Gaston Bachelard : « Vivre ce qu’il y a de grand dans le petit ».
Joseph Antoine d’Ornano poursuit sa quête des « instants de vie secrète », entamée dans La grâce ou l’éloge des commencements (L’inventaire 2021) et Instantanés sereins (L’inventaire 2023).
C’est ici et aujourd’hui le « jardin public » qui guide sa plume et son pinceau, lieu où se croisent – se rencontrent ? – enfants et vieillards, amoureux et esseulés.
Extrait page 12 :
« Tout se passe comme si la vie, ayant à cœur de nous dévoiler une partie de son mystère, avait choisi un lieu et des visages, disposés à dire la fragilité, les premières années qui suivent la naissance et celle qui précède la mort, et que, de son côté, le jardin y avait consenti en s’assignant pour mission d’accueillir chez lui les plus faibles, les plus vulnérables.
Enfants et vieillard donc ».
Ou encore, page 37 :
« Dans certaines Annonciations, du moins dans ce qu’en ont rapporté les peintres, plus que le bleu du ciel, l’ocre des portiques ou la main tendue de l’ange, c’est à l’énigme de ce sourire que nous sommes conviés. Ainsi, pour que naisse un amour, un enfant ou les mots d’un poème, il suffit peut-être d’un jardin ou d’un ange qui se souvienne du sourire de celle qu’il visita aux premiers jours d’avril, et qui sourit encore ».
Peintre et poète, Joseph-Antoine d’Ornano a l’art de déceler dans nos espaces quotidiens une vie profonde, une éternité qui nous dépasse tout en accompagnant le voyage de notre existence.
Foin des quatre saisons dans le jardin public de l’auteur, qui nous en propose une cinquième… « inventée » !
Et peut-être nous y retrouverons-nous, cher auteur et amis qui nous lisez, pardonnés et adoubés, un beau soir de fin d’hiver ?
Nos Saisons de Culture sans cesse réinventées, ne pouvaient certes pas manquer cette parabole.
Éditions L’Inventaire : 13 euros
