Arts

Everybody Knows

Par Pascal Aubier

Et voilà, tout vient à point qui sait attendre. Todos Saven, le film Espagnol de Asgar Farhadi, arrive à Cannes puis dans nos salles avec, pour titre français Everybody Knows. C’est remarquable. Je disais il y a peu, dans un précédent papier, que les Américains avaient obtenu que l’on ne traduise plus les titres de leurs films en Français. Que ceux-ci n’avaient qu’à parler Américain comme tout le monde. A présent ce ne sont plus les titres des films Américains qu’il faut savoir en Anglais, mais ceux des autres pays, comme l’Espagne en l’occurrence. Cela doit faire plus chic.
En tous cas, nous y sommes allés. Et ça parlait Espagnol hors titre. Beaucoup même. Alors que le scénario avait été écrit en Farsi. Farhadi ne peut plus tourner en Iran. Vive la liberté. Je me demande quand même comment l’Anglais est venu se fourrer dans cette histoire.
Un mariage dans un coin d’Espagne jamais mentionné, joli, chaud, coloré avec beaucoup de vigne. Un mariage où tout le monde danse et rit, un truc charmant. Et puis toc, la fille de Pénélope Cruz est enlevée. On demande une rançon de 300 000 euros sinon elle sera butée. Cela fout une très mauvaise ambiance et on pénètre dans les jolis recoins de la suspicion et des ragots. Pénélope Cruz en Mater Dolorosa est moins lumineuse que d’habitude mais bon, on est dans la tragédie.
Pénélope, nommée ici Laura, a deux enfants et vit en Argentine où elle a laissé son mari Alejandro qui cherche du boulot et croit en Dieu. Elle retrouve à la noce de l’une de ses sœurs, son ancien amant, Javier Bardem (ici Paco) qui a un nez étonnant, droit et fort comme les Caucasiens. Et qui est copropriétaire d’une belle Finca – propriété vinicole – Tout le monde s’angoisse, pleure, crie. On soupçonne quelqu’un de la famille. Il y a un secret qui a beaucoup circulé, semble-t-il : juste avant son mariage avec l’Argentin, Laura a retrouvé son vieil amant et manifestement ils ont remis le couvert. Résultat, la fille de Laura, enlevée dans ses seize ans, est en fait la fille de Paco (Bardem). Tout le monde le sait (titre en Français). Même Alejandro qui déboule d’Argentine en catastrophe. Alejandro est joué par la star (étoile) argentine Ricardo Darin, fauché comme les blés et qui n’a pas le premier euro de la rançon demandée. Un type un peu mou en plus d’être croyant. Ce sera donc Paco qui devra vendre sa Finca pour payer la liberté de celle dont il vient d’apprendre qu’il était son père. Tout le monde savait mais pas lui. Comme quoi… Une tragédie Grecque – ou Persane. Et un vrai bordel familial.
A la fin on découvrira – mais pas Laura, ni Paco, ni Alejandro – que c’est la nièce de Laura qui a fait le coup avec deux voyous de ses amis. J’ai eu un peu de mal à comprendre, parce que je suis un peu con et que ma vue baisse. Toutes ces filles se ressemblent, brunes et vigoureuses. J’ai cru que la nièce était en fait Laura qui courait dans la nuit retrouver ses complices. Idiot. En fait Paco est ruiné, les Argentins retournent en Argentine. Irène demande à celui qu’elle croit encore être son père pourquoi ce n’est pas lui qui est venu la sauver avec la rançon. Et c’est la fin du film. Moi je n’ai pas trouvé tout ça génial alors que la critique dithyrambe. Mais je suis idiot et presque aveugle, je l’ai dit. Pardon. Si vous voyez le film, écrivez-moi sur Saisons de Culture et dite ce que vous pensez et du film et de mes commentaires non dithyrambiques.