L’atelier de Sophie. La relève Pasnic

Par Mylène Vignon

÷Ce jour-là, il y avait les filles. Joyeuses et studieuses, telles des abeilles dans la ruche elles s’affairaient autour d’une reinebien nommée : Sophie Sainrapt. Elles sont toutes anciennes élèves de Nicolas du Mesnil du Buisson, qui nous quittait en 2019, après son complice de toujours Pascal Gauvard (atelier Pasnic).

Les artistes :

Nadja Berruyer, brodeuse professionnelle fut représentée par Ghislaine Verdier, fondatrice de l’œil de la femme à barbe. Elle me présente aujourd’hui la technique de la lino gravure, à laquelle elle est précisément occupée. Elle a également étudié l’architecture intérieure et travaillé comme costumière auprès des stagiaires de l’Opéra.

Gabrielle Rayé, petite nièce et filleule de Nicolas, prend également la relève du prestigieux atelier Pasnic où elle fut accueillie comme stagiaire. Élève des Arts déco, elle travaille par opposition entre gravure et Carborundum.  Sur sa plaque, elle ajoute de l’encre noire. Près d’elle, à portée de main se trouve la Dremel, outil indispensable à la gravure sur Plexiglas.

J’en arrive enfin à Sophie Sainrapt, qui n’a pas hésité à récupérer la grande table de chez Pasnic. Celle qui a servi à Coignard, Pincemin, Di Rosa, Segui, Villeglé et tant d’autres encore…

Sophie utilise le pot de carbo, puis m’emmène devant la presse qu’elle actionne très précautionneusement pour en faire naître un gaufrage en relief qui va s’avérer être un petit chef-d’œuvre. Ensuite, nous passons à la partie dorure. Elle enduira de colle son sujet, en l’occurrence une Vénus de Monpazier(dont l’original date de 25000 ans environ), avant de lui offrir une constellation de micro paillettes d’or.

En filigrane, elles entendent régulièrement la voix de Nicolas qui susurre toujours à leurs oreilles que la base de la gravure se trouve dans le noir et blanc.

Puis, dans le calme de ce bien étrange gynécée, surgit un homme ! Le son baroque d’un violon envahit l’espace de créativité. Le rythme s’accélère au son de l’instrument très spécial de Sylvain Chen.

Alors, les feuilles de papier Arches, aux formats quart raisin ou demi Jésus tombent au sol, entrelacs de Vénus et autres essais, dessinés sur base de bleu, de rose ou de blanc tout simplement.

Les graveurs Jean-Marie Dilasser, Augusto Foldi et François Jauvion, seront sans doute présents une prochaine fois à l’atelier. Il manquait aussi Catherine Loiret et Mylène Kolé, il me faudra revenir avec grand plaisir !

Le 27 décembre 2020