Arts

Matthias et Maxime

Par Pascal Aubier

Réalisé par Xavier Dolan avec Gabriel D’Almeida Freitas, Xavier Dolan.

Nous avions vu un film de ce Xavier DolantMommy, qui nous avait bien plu et du coup comme disent les gens résolument modernes, nous somme allés voir Juste le Fin du Monde qui était très bien aussi selon nous et selon la plus part des gens aux goûts croisant les nôtres. Aussi dimanche nous allâmes voir, pleins d ‘espoir, Matthias et Maxime quelque part à Montparnasse.

Grand mal nous en prit. Pour dire les choses simplement, la seule chose plaisante dans cette histoire d’homosexuels d’Outre Atlantique est qu’ils s’expriment en Québécois, ce qui rend les choses plus gouleyantes. Autrement, la même histoire jouée en Français banal (de France) serait carrément chiante. Encore une fois mon point de vue n’est pas homophobe – on est obligés d’y revenir sans arrêt – car ici il s’agit de garçons qui se trouvent attirés l’un par l’autre alors qu’ils se connaissent depuis l’école primaire. Pas de quoi tomber à la renverse. Et si cela avait été le cas entre un garçon et une fille, on n’aurait probablement pas décidé d’en faire un film. Par conséquent le seul sujet – comme dans beaucoup de films d’aujourd’hui – c’est l’ambiguïté homosexuelle.

Je me souviens de Fassbinder, de son film Le Droit du Plus fort Bon, c’était aussi une histoire de pédés mais dans une dimension autrement plus vaste. Inscription de la lutte des classes, analyse sociale et formidables acteurs dont Fassbinder lui même. Pédé pour pédé, je préfère mon Allemand. C’est étrange, Almodovar aussi est tombé dans la même trappe ; j’écrivais ici même ma déception d’avoir vu Douleur et Gloire, qui ne racontait en fait que l’histoire de deux barbus qui s’embrassent. Il était bien tombé dans le mince. Au cinéma, plus que dans la vie même, ce qui importe c’est le comment des choses. Le comment qui nous fait parfois découvrir le pourquoi, le sensuel qui appelle notre propre sensualité et toutes ces sortes de choses. Depuis que l’homosexualité est devenue un sujet de première, j’ai l’impression qu’on n’a pas beaucoup fouillé. Garçons et filles, même absence de profondeur, c’est bien dommage. On se souvient de Portrait d’une jeune fille en feu de Céline Sciamma dont je disais les mêmes choses ou à peu près. En précisant tout de même que la toute dernière scène semblait racheter la minceur du film. Grâce à l’émotion intense transmise par la comédienne Adèle Haenel, qui à la seule écoute de l’Eté de Vivaldi, revoit toute son histoire d’amour qui la fait éclater en sanglots. Du cinéma donc, un peu, enfin. Comme quoi. Enfin dommage pour Dolan, il était bien parti. Il faudrait qu’il se reprenne.

J’avais un étudiant gay à New York. Pour lui le fait d’être gay était un acte de gloire. Il me montre un court métrage qu’il a fait : deux types qui se roulent une pelle pendant 6 minutes 45. Et me dit « Alors » ? Je lui réponds, « tu aurais pu faire mieux, 7 minutes 32 par exemple ». A chacun sa mesure.

Quand j’étais très jeune, carrément petit, personne ne parlait d’homosexualité. La plus part  ne savaient même pas que ça existait. Mais moi, ma mère était comédienne et avait plein d’amis pédérastes. Des gens très drôles, malins comme tout et très sympathiques. Ils se traitaient mutuellement de fiottes, de tantes, de tarlouzes et tout le monde rigolait. Chez le bourgeois de province ou de métropole, on baissait de deux tons en prononçant les invertis… Les temps ont changés. Ils changent tout le temps, ces derniers temps. Je n’ai pas encore eu le temps de m’en remettre.