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Philippe Cognée, La peinture d’après

Par Ghislaine Lejard

« On peint toujours après et d’après. » Philippe Cognée

Le catalogue de Bâle

Pour sa réouverture le 15 mars 2023, le musée Bourdelle présente une rétrospective. La plus importante à ce jour de l’artiste « nantais » Philippe Cognée, qui vit et travaille à Vertou. Cette exposition s’articule autour d’une œuvre composée de 1100 peintures, « repeintures » entre disparition et apparition, composées à partir des pages du Catalogue de Bâle. Philippe Cognée peint une copie de, et sur la reproduction d’une œuvre d’artistes célèbres ou moins connus. Cette frise se déploie tel un labyrinthe.

L’héritage artistique

Les créations de Philippe Cognée s’inscrivent dans l’héritage artistique de Vélasquez, de Ingres ou de Bourdelle : « On peint toujours après et d’après ».  Sa technique à l’encaustique est sa marque, deux très beaux portraits, l’un de Philippe IV d’après Diego Vélasquez, l’autre de Madame Marcotte de Sainte Marie d’après Jean Auguste Dominique Ingres, encaustique sur toile marouflée sur bois, révèlent la singularité d’un monde troublé et d’œuvres après. Plusieurs têtes taillées à la tronçonneuse recouvertes de peinture, rappellent son enfance au Bénin et son intérêt pour l’archaïsme notamment africain ou océanien. Des têtes qui ont la rusticité et la force du bronze de Antoine Bourdelle : Beethoven, grand masque tragique. Comme Bourdelle, Philippe Cognée sculpte et sa peinture est traversée par l’énergie du mouvement vital.

Entre «  germination et finitude »

Devant six toiles monumentales d’amaryllis et de pivoines, la force de la fragilité et de l’éphémère nous submerge par l’intensité des couleurs et le mouvement du geste de l’artiste. La lumière de la vie et l’ombre de la finitude s’épousent.

Si Philippe Cognée dialogue avec les maitres du passé, avec des peintres contemporains, il sait aller à la rencontre des auteurs qu’il inspire comme Pierre Bergounioux ou Marie Darrieussec qui évoque les fleurs de l’artiste en ces mots : «Les fleurs épuisées de Philippe Cognée ont des bras, des jambes, des vulves, des joues. Mais elles sont à la fleur ce que la gisante est à la jeune fille. Elles sont la chair étrange d’une vie à bout. ».

 

De la photographie à la peinture, Philippe Cognée transforme les sujets du quotidien, transfigure les choses simples ; il porte un regard critique sur notre société de consommation où règne les  hypermarchés, une société marchande à laquelle l’art n’échappe pas… Philippe Cognée est un artiste qui donne à voir le monde avec sa violence et sa fragilité. L’univers onirique et mystérieux de cet artiste est à découvrir dans trois lieux, deux à Paris et un au Mans.

  • musée Bourdelle la peinture d’après (15 mars-16 juillet 2023)
  • musée de l’Orangerie, des tableaux de paysages et de foules qui se confondent avec les Nymphéas de Monet (15 mars-4 septembre 2023)
  • musée Tessé au Mans une rétrospective de sa carrière (13 mai-5 novembre 2023)