Portraits

Augusto Foldi

Entretien avec Mylène Vignon

J’ai fait la connaissance du travail d’Augusto Foldi, lors de l’exposition Déjeuner en l’air organisée par Aude Ambroggi dans The big Galerie, à Paris. Je connaissais déjà l’homme, croisé à plusieurs reprises dans le cercle des amis de Sophie Sainrapt, notamment à l’Atelier Pasnic, prenaient vie ses gravures au Carborundum.

Entretien :

Cher Augusto, tes origines Italo – Hongroises sont-ellesselon toi, influencée ton œuvre ?

Absolument, ce carrefour des mondes est en moi il bouillonne sans cesse, ces deux pôles jouent en permanence dans mon travail. L’ombre et la lumière jamais ne m’apaisent.

Quelle a été ta formation en matière de techniquesartistiques ?

Un professeur au lycée avec la noblesse de la gouache, une rencontre avec un peintre paysagiste et mes premiers tableaux sur les ports de Normandie, arts appliqués pour le graphisme, beaux-arts pour la plastique, les dessins dans les musées à Paris et en Europe pour les écoles étrangères.

Quels ont été tes maîtres ?

Le premier livre sur la peinture que j’ai ouvert à la bibliothèque du collège était un livre consacré à Cézanne et,par Cézanne j’ai découvert Eugène Boudin.

Le cubisme est venu après. Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp a influencé ma première grande toile c’étaitune commande d’un médecin j’avais 17 ans, c’était un apprentissage. Matisse, Derain, Gauguin sans le vouloir mais aussi les surréalistes pour le rêve dont j’avais besoin à une époque difficile.

Dans quelle mouvance artistique penses-tu te situer ?

Un réalisme du trait, j’ai des difficultés à me reconnaitre dans un courant quelconque. La lecture de Elie Faure a porté ma réflexion et ma pratique sur un certain questionnement de l’artet de son engagement, de celui de la peinture en particulier. Lacréation est une vibration qui porte à la fois l’espoir et l’attente constante d’un procès de vie. Elle s’alimente de cesénergies à peine palpables qui pourtant gouvernent en nous.

Parle nous de l’Atelier Foldi, est-ce le lieu le mieux adapté à tes recherches ?

Du 20ème arrondissement je suis passé à Malakoff à la fin des années 80, là où j’ai installé mon atelier. Plus lumineux et spacieux il m’offre la possibilité d’exécuter des grands formats, ce que je réalise rarement pour le moment. Il est assez isolé, loin des ateliers de mes camarades artistes et je ne risque pas d’être dérangé par l’occupant de l’atelier voisin, à qui il manquerait du blanc de titane. Mais au fond je le regrette un peu, car l’impromptu rafraîchit. Les ondes y sont bonnes. Mes principales recherches sur la figure humaine y ont vu le jour. Actuellement j’aspire à prendre le large, sortir l’atelier dans la rue, dessiner et peindre à l’extérieur, ce que j’entreprends déjà. La marche est mon mode de déplacement favori, pour y retrouver des sensations que procure le plein-airà Paris et ailleurs. Ce sera Paris encore intitulé d’un prochain travail inspiré par de mes déplacements à travers le Grand Paris.

Y reçois-tu d’autres plasticiens ? Très souvent je veux dire régulièrement ?

La Pasta c’est la fête, les amis et artistes viennent partager ce plat traditionnel d’Italie de temps en temps, j’ai appelé ces réunions les samedis particuliers. Je veux que cet endroit soit un lieu d’échange joyeux mais aussi un lieu pour y débattre des grandes causes artistiques du moment par exemple laquestion de l’art et de l’activisme politique. Nous avons lescafés comme lieu de rencontre en banlieue ou à Paris, ces lieux produisent de l’échange, de la culture, nous nous y rendons, ils nous offrent une certaine neutralité qui nous apaise.

Quel est ton plus beau souvenir d’exposition, tes plus belles rencontres ?

L’atelier Pasnic atelier de gravure au carborundum, dans le 20ème arrondissement, un grand lieu de création d’échanges etde rencontres avec les artistes et les marchands ; la création d’un livre unique avec Michel butor ; les actions/exhibitionsavec le groupe Località : la biographie d’artiste comme œuvre d’art ; une toile sur laquelle j’ai peint le mot Fille au salon de Montrouge en 1998. Les expositions des salons au Grand Palais dans les années 80. À l’époque on me donnait la clef la veille de l’ouverture du salon, j’accédais seul à la grande porte, j’ouvrais (avec fierté) et m’installais une heure avant ma permanence de surveillance avant que le public n’entre, j’avais le Grand Palais silencieux pour moi – un grand moment. Je pense que ce n’est plus envisageable aujourd’hui.

Quels sont tes projets pour cette année 2020 ?

Réalisation d’un workshop à la maison des arts de Malakoff du 14 au 17 avril 2020. Du workshop à la monstration, du didactique et pédagogique à la visibilité d’une œuvre. Du dessin et du dessein à l’œuvre. La présentation de mes gravures au salon de l’estampe et de l’art imprimé.

Ta maxime préférée, qui sera le mot de la fin

Aimer ce que l’on fait, le porter en soi et poursuivre ses recherches pendant les nuits les plus obscures, elles finissent toujours par nous éclairer.