Portraits

My Mylène

Par Gilles Trichard

Primesautière. Spontanéité, bonne humeur, bienveillance, ouverture à ce qui étonne et détonne. Le printemps lui sied à merveille. Encore une saison de culture qui commence. Ses rayons nous réchauffent après l’hiver. Le frimas, le gel, le gris nous a mis à mal, mais elle a stocké son énergie pour nous la partager.

Le bruit du monde nous afflige mais Mylène a ses propres notes, ses phrases douces et mélodieuses pour nous le rendre plus supportable, plus coloré, moins gris.

Elle célèbre la beauté, nous la donne à voir, nous la rend familière.

« Tu connais cet artiste ? Alors, regarde… », « T’as le temps ? Viens voir au Flore, au premier », « Lis cette romancière, un diamant brut, tu ne vas pas regretter… ».

Chassés les nuages noirs, nos ciels se bleuissent à l’aune de ses découvertes.

On se dit qu’il y a tout de même encore de l’espoir dans ce bas monde.

Anti-dépression. Anti-déprime. Vigie de la culture, Mylène nous montre des horizons près de chez nous avec des lignes à portée des yeux.

C’est ainsi que je l’ai immédiatement perçue, moi le parisien mélomane de l’art ployant sous les informations. Pas facile de s’y retrouver. Mylène n’en rajoute pas mais sait éveiller l’attention.

« L’art, le plus court chemin de l’homme vers l’homme » disait André Malraux, repris ensuite par Jack Lang.

C’est sa direction, qu’elle emprunte depuis que Saisons de Culture existe.

Avec Wojtek, elle forme un admirable attelage. Lui est plus réservé, mais ils sont faits du même bois, souple et résistant.

Mylène rassemble, fédère, crée des boutures, des greffes joyeuses entre les humains. Quel que soit l’endroit.

Pour l’anecdote, je me rends un été en vacances à Dinard. Avant d’arriver, je dis à ma famille : je décroche, déconnexion, plus de sorties, coup d’arrêt aux vernissages.

A peine ai-je garé ma voiture que j’entends : « Gilles, incroyable, je dédicace ce soir mon roman juste-là, dans la galerie de Laurence Dubois ». Comme si elle m’attendait.

Après la plage, j’eus chaque jour mon bain culturel avec le collectif d’artistes qu’elle avait fait venir de Paris.

A l’image de ses collages, Mylène sait rendre la réalité plurielle et chatoyante.

Organisatrice, elle reste poétique. Cheffe d’orchestre d’événements culturels, elle nous entraine dans une symphonie des échanges autour d’une œuvre. Ça tchatche, les idées fusent. La culture n’est pas posture mais passion ; elle est vivante, accessible, en résonance.

Il y a les diseurs et il y a les passeurs de culture.

Mylène est une passeuse de culture et, sur le terrain, il faut la voir avancer, le sourire aux lèvres, forte de ses convictions, bravant les obstacles.

Elle transforme l’essai, à chaque fois. Humble.

Il y a chez elle des applaudissements intérieurs et ça semble lui suffire.

Et pour peu que l’on tende l’oreille, dans un vernissage où l’on est assurément verni, on entend à son égard des paroles aussi touchantes que vraies.

« Elle a la même relation avec tous les artistes, on a besoin surtout en ce moment d’être de lumière comme elle » Moufida Atig

« Elle se distingue par sa grande gentillesse et sa capacité à rassembler les gens. Lors de nos réunions, elle crée toujours une atmosphère chaleureuse et inspirante. Toujours pleine d’idées nouvelles, elle insuffle une énergie précieuse à notre collectif ». Wojtek Konarzewski

« Mylène incarne un véritable écrin de la France. Engagée et efficace, elle allie une sensibilité profondément poétique à une grande justesse de ton (rédactrice, femme de projets, collagiste, poétesse… etc.). Avec elle chacun trouve sa juste place — et l’amitié, la sienne ».

Bérine Pharaon.

« Une femme très distinguée, attentive aux autres. Très bienveillante. Elle a toujours baigné dans le domaine des arts et des lettres, elle a le grand talent de promouvoir les artistes et leurs œuvres avec dévouement, gentillesse et poésie ». Mona Ayoun et Jacky Kooken.

« Une Dame qui tient salon au Flore, comme à la Belle Époque » Françoise Monnin.

« J’aimerais qu’elle soit décorée pour ses collages qui sont si parisiens, si parisienne elle est. Dans un café de Montmartre, par exemple, dans l’esprit Jacques Prévert ». Barbara Orzelowska.

Mylène aurait inspiré…Aristote. Dans ce qu’il appelle « l’éthique des vertus », le philosophe parle d’« habitus » (par opposition à l’inné) d’un être humain « bon et juste ». Elle a la vertu d’avoir des vertus dans un monde parfois vicié.

Dans une société où le lien social se déliterait, l’individualisme triompherait, le matérialisme dominerait, Mylène nous oblige à ce conditionnel car elle est la preuve qu’il n’y a pas de fatalité et que tout n’est pas figé.

La culture est un beau levier qu’elle actionne inlassablement.

Mylène, merci d’être là.