Portraits

Yann Pradal

C’est grâce à l’intervention du photographe Bruno Vigneron que Yann Pradal est entré tout naturellement dans le choix des personnalités sélectionnées par Saisons de Culture. Nous l’avons rencontré au théâtre de la Pépinière dans un seule en scène dont il est l’auteur.

Entretien

Yann, je sais que vous êtes un enfant de la balle, votre père Bruno Pradal aurait –  il  distillé le virus de la scène dans vos veines ?

J’ai coutume de dire que si mon père avait eu une boucherie, je serais devenu boucher à mon tour. Donc oui, de toute évidence je suis acteur parce qu’il l’était. J’ai passé toute mon enfance entouré d’artistes. J’étais très proche de mon père, et je l’accompagnais très régulièrement sur les tournages ou au théâtre.

Quel est votre parcours artistique ?

J’ai débuté le métier très tôt, au départ accidentel de mon père. J’avais 16 ans, et j’ai plongé tête la première dans ce métier. Assez rapidement j’ai tourné dans des séries comme l’Instit ou Navarro tout en prenant des cours d’art dramatique. Avec Jacqueline Jabbour, une femme merveilleuse qui fut la professeure de mon père, puis avec Jean-Michel Dupuis et enfin Dominique Viriot. Des maîtres extraordinaires qui m’ont permis de devenir professionnel. Depuis je tourne régulièrement pour la télé, j’ai eu des restaurants pendant quinze ans et j’écris. Écriture qui m’amène aujourd’hui à présenter mon premier seul en scène :Turbulences.

Vous apparaissez régulièrement dans de grandes séries populaires telles Plus Belle la Vie et Un si grand Soleilpensez vous que se sont des étapes importantes dans la carrière d’un comédien ?

Être comédien c’est une aventure. L’important n’est pas de faire des séries populaires ou pas, l’important c’est de faire ce que l’on aime sans tricher. Sincèrement et honnêtement. Quand j’accepte un projet je suis très heureux et fier que l’on m’ait choisi.

Quel est votre plus grand souvenir de tournage ?

Mon plus grand souvenir de tournage ?… C’est pas simple. Chaque tournage est tellement un monde à part, que j’en garde un grand souvenir à chaque fois (dans le bon comme dans le moins bon … rires…). Il y a des rencontres avec des acteurs incroyables, il y a des lieux de tournages improbables etc. . J’ai cependant un souvenir lié à mon tout premier tournage. C’était pour le film Montparnasse Pondichéry d’Yves Robert. J’avais une toute petite chose à faire sur 2 jours de tournage. A la fin de la première journée j’étais tellement fier que je suis allé manger avec un ami au restaurant pour fêter ça. La soirée s’est éternisée et je me suis couché très tard. J’avais rendez vous le lendemain à 8 h aux studios de Bry sur Marne. Je me suis réveillé à 11h ! Arrivé en catastrophe à 12h, je me dirige fébrilement vers Yves Robert qui se retourne et me dit : «  Si tu fais pareil avec les gonzesses tu risque pas d’en avoir souvent ! » Et d’ajouter : «  Tu t’es puni tout seul, ta scène a été annulée ». Ce fut la première et dernière fois !

Quelle a été votre plus belle rencontre ?

Ma plus belle rencontre, ce sont en fait deux très belles rencontres. Il y a d’abord eu Gérard Moulévrier, très grand directeur de casting. C’est la première personne qui a acceptée de me rencontrer. C’était quelques mois après la mort de mon père. Gérard a été très à mon écoute et m’a immédiatement aidé. Il m’a confié de jolis rôles et il est toujours très présent aujourd’hui. C’est un homme que j’aime profondément. Grace à lui et à la pièce La Souricière qu’il a mise en scène et dans laquelle je jouais, j’ai rencontré Cécile Bois.  Cécile c’est mon ange, ma grande sœur. C’est plus qu’une belle rencontre, c’est une chance.

Vous êtes l’auteur de Turbulences, un seul en scène lancé au Théâtre de la Pépinière à Paris, où nous avons eu le privilège d’admirer la mesure de votre talent, tant de comédien que d’auteur…comment est née cette idée d’écriture ?

Mon spectacle Turbulences est dans ma tête depuis plus de 20 ans, je pense. J’ai toujours voulu me confronter à cet exercice qui est à mon sens l’un des plus périlleux quand on est acteur. J’avais des choses à dire me semblait il, alors je les ai posées sur le papier avec l’aide de ma metteuse en scène Isabelle Jeanbrau et nous présentons ce travail à la pépinière pour une date seulement, le spectacle étant en cour de montage.

Quels sont vos projets pour 2020 ?

Mes projets…. Continuer à avancer, rencontrer, aimer

Quel serait votre rêve le plus fou ?

Le rêve de ma vie…. C’est très personnel mais revoir ma fille.

Votre maxime préférée ?

Ma maxime favorite : En trois mots, je peux résumer ce que j’ai appris sur la vie : et ça continue. Robert Frost