Alain Pizerra – le poète de la mélancolie
Rencontre avec Mylène Vignon
C’est un soir de dédicace à la librairie L’éternel Retour dans le 18e arrondissement de Paris, que j’ai entendu pour la première fois la voix douce et suave du poète Alain Pizerra. Il lisait pour un public attentif et concentré, des extraits choisis de son récent recueil : Aux myrtille des treize mille ans.
Nous nous sommes revus rapidement et n’avons jamais interrompu ce fil d’or magique qui tisse l’amitié indéfectible de poète à poète.
Alain habite la poésie avec le romantisme que la mélancolie génère. Très attaché à ses nombreux amis eux-mêmes gens de lettres, musiciens, libraires, où artistes peintres, il partage leurs incertitudes, leurs doutes et leurs joies aussi. Généreux, il aime à citer les textes de ses maîtres en poésie, tels Rainer Maria Rilke, Milosz, Pasolini et bien d’autres encore.
L’oralité en poésie est pour lui une nécessité. La force de ses mots récités par lui-même avec l’accent aux couleurs de ses émotions, confère une intemporalité que le public ressent au plus profond. Il a été convié à près de 200 lectures sur ces dernières 25 années.
Alain ne refuse jamais un rendez-vous de poésie, peu importe le lieu, pourvu que l’atmosphère soit au silence. Ce qui ne fut pas toujours le cas, surtout au Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés où il est fréquemment l’invité de Saisons de Culture. Mais les mots portent bien au-delà du chaos… L’histoire l’a prouvé en ce lieu mythique de rencontres existentialistes.
Il reçoit souvent chez lui lors d’après-midi littéraires, dans son étrange pigeonnier où il vit en adepte du temps retenu, entouré des ombres de ses amis chers, dans une sorte de jardin du souvenir qu’il cultive spécialement pour eux.
Et les fleurs y prospèrent. Et aux rimes et Alexandrins d’emplir l’espace de leurs notes romantiques, au rythme de l’horloge dont le poète a bien évidemment maintenu le son du carillon.
Alain est également un critique d’art à l’analyse fine, dont l’intelligence de l’expertise est éminemment reconnue dans la profession.
Nous l’avons lu et apprécié dans les pages de nombreux livres d’artistes dont Madeleine Grenier, Léon Zack, Danielle Loisel et récemment dans l’analyse du travail de Luc Linski, une rencontre de Saisons de Culture.
Quelques mots de son éditeur François Mocaer (éditions Unicité) :
Alain Pizerra dévoile et signe une poétique de la révolte pour faire naître des poèmes d’une grande force.
Voici quelques titres de recueils parus au fil du temps :
Aux myrtilles des Treize mille ans (paru aux éditions d’Ecarts– Hasta Sempre et aujourd’hui épuisé)
Mon chemin sous la neige
Le caïman écorché suivi de :
Petite suite à l’emporte-pièce
L’entonnoir du destin (Aux éditions Unicité)
Tombé (pour Florilèges aux éditions Saisons de Culture)
Écoutons un instant le poète
Demain je choisirai encore et désespérément d’être toujours le même
Demain et bien debout et toujours sur mes quilles
Je longerai la mer le plus longtemps possible
Sans plus me retourner
Et sans me prosterner
Et comme il aime à le déclamer encore et encore… Seuls nos rêves sont vrais
