Portraits

Katarzyna Lavocat

L'initiation à l’art contemporain

Une visite chez Katarzyna Lavocat est une véritable initiation à l’art contemporain sous ses formes les plus diverses. L’artiste, peintre à la base, travaille étroitement avec les architectes et cette activité l’éloigne souvent de son chevalet pour une pratique de la fresque, de la céramique murale, de la mosaïque, du vitrail. La tapisserie occupe une place particulière dans son activité. Ses grandes compositions sont tissées sur le métier de haute lisse. Les surfaces colorées, animées par des reliefs, vibrent de leurs teintes délicates. Les effets de texture sont obtenus grâce à l’usage des laines filées à la main et des matières tels que la soie, le sisal, le lin mis en couleur par l’artiste au moyen des teintures végétales.

La création de ses tapisseries est le fruit de sa sensibilité au monde, à la beauté de la nature, de la joie que procure le toucher de la laine, de la surprise de découvrir la couleurs des fibres quand elle les sort du bain de teinture, de voir les teintes riches, éclatantes, le résultat de la transformation des racines de garance et de gaude, de poudre de l’indigo, de la cochenille .

Les thèmes sont simples. Ils peuvent être inspirés par un paysage, par un souvenir ou par une aquarelle trouvée dans ses cartons. Ses tapisseries ont pour ambition de traduire toutes ces émotions.

Face au métier, comme un peintre devant son chevalet, Katarzyna improvise, elle fait ses choix et elle crée la matière tissée à chaque instant, à chaque centimètre carré. C’est un travail intense.

C’est assurément au Lycée d’Arts Plastiques de Varsovie qu’elle acquiert les bases des techniques les plus diverses des beaux arts. Elle poursuit ses études à l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris et elle obtient le diplôme en art mural à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. À la fin de ses études, elle débute la collaboration avec Maurice Calka, un personnage hors du commun : un sculpteur, le Premier Grand Prix de Rome. Cette rencontre s’avère marquante pour la suite de la carrière de l’artiste. Pendant presque trente ans, ensemble, ils conçoivent des réalisations monumentales, liées au paysage urbain et à l’environnement social et humain à travers le monde : des sculptures, des fontaines, des mosaïques, des fresques et des aménagements intérieurs de prestige dont entre autres le World Trade Center à Kinshasa, le Quartier Balard à Paris, l’Arenas à Nice, le Quartier du Palais des Papes à Avignon et l’ île de la Réunion en sont les témoins.

Ses premiers contacts avec la tapisserie ou plutôt avec les tissages, remontent à son enfance en Pologne, dans les années cinquante. À la campagne polonaise, dans beaucoup de maisons paysannes, il y avait encore à cette époque des métiers sur lesquels des femmes tissaient couramment des lirettes en coton ou des kilims en laine destinés à couvrir les murs, le sol, les lits et les tables. Ces kilims, principale richesse et source de fierté des paysans, constituaient comme une deuxième peau les protégeant du froid et cachaient la pauvreté. L’origine de la passion pour cette pratique date de l’année 1973 quand Katarzyna eut l’occasion de visiter l’exposition de la tapisserie polonaise , présentée alors dans les galeries des Gobelins à Paris. On pouvait y voir toute l’avant-garde de la tapisserie contemporaine : les œuvres de Magdalena Abankanowicz ,de Jolanta Owidzka, de Barbara Falkowska exposées antérieurement à la Biennale de Lausanne. Ce fut pour elle une révélation fulgurante. Elle se dit « c’est cela que je veux faire », mue alors par l’atavisme, peut être, ou par la nécessité de créer une œuvre tissée, de construire des murs en laine, de sublimer la technique et en dépasser les canons étroits tels qu’elle l’avait découvert au cours de cette exposition. Elle décida, en conséquence, de suivre les cours dans l’atelier de tapisserie de Wojciech Sadley à l’École des Beaux Arts de Varsovie et une formation à la teinture au moyen des colorants naturels enseignée dans la même école et aussi auprès de Barbara Falkowska.

Depuis, l’artiste poursuit son aventure : elle expose et réalise sur commande les tapisseries monumentales en France, en Pologne, aux États Unis et dans d’autres pays.

Tapisseries monumentales -rélisations principales :

Siège Cuivres Gécamine – Kinshasa – Zaïre
Conseil Régional –île de la Réunion
Université de Lyon III
Université Catholique de l’Ouest, Angers
Collège H. Baumont – Beauvais
Boston College, USA
Worcester Polytechnic Institute – Worcester, MA, USA
Temple Israël – Weston, CT.USA

Nous retrouvons les œuvres de Katarzyna Lavocat à la Mairie de Sèvres où elle expose dans le cadre de l’événement « Au fil de l’Art », jusqu’au 28 février 2018. Saisons de Culture sera au rendez-vous.

Dans le cadre de l’exposition Artapestry 5 , au Danemark, , Art Centre Silkeborg, jusqu’au 8 mars 2018,

-En Suède, Kulturcentrum, Ronneby du15 septembre-4 novembre 2018.
– En Estonie Mark Rothko Art centre, Daugavpils du 17Novembre 2018-15 janvier 2019

Site: www.goartonline.com
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11199-14.04.2014-ITEMA_20614278-0.mp3

Mylène Vignon