Arts

Pendant le Covid 3

Par Pascal Aubier

Cela ne finira donc jamais, ce confinement. Il nous reste beaucoup de films à voir, à revoir, à découvrir, mais bon, c’est si bien d’aller au Cinéma au milieu des gens, avec sa petite amie qu’on peut embrasser à bouche que veux-tu.
On embrasse aussi à la maison si on a réussi à la confiner avec soi. Et on regarde des DVD. On nous avait dit qu’ils allaient disparaître, que de nouveaux « supports » allaient tout balayer. En attendant, ils sont bien précieux, nos DVD. J’ai montré à ma fiancée des trucs américains que j’avais en bonne mémoire. Elle a vachement aimé. Le DVD, paratonnerre des violences conjugales, tremplin des baisers.
D’abord, l’autre samedi, Tant qu’il y aura des Hommes (From Here to Eternity) de Fred Zinnemann que je n’avais pas revu depuis 1953 à peu près. Sauf que quand j’avais dix ans mon père ne m’aurait pas laissé. Pourtant il aimait le cinéma, mon père. Mais ce film là était sulfureux. Burt Lancaster, Montgomery Clift, Frank Sinatra et la très osée Deborah Kerr. Avec aussi Ernest Borgnine en très méchant. Une histoire d’avant-guerre à Pearl Arbor, juste avant que les Japs (les Citrons) n’attaquent. Le film est surtout connu pour la scène du baiser sur la plage entre Burt Lancaster et Deborah en maillot de bain. Le baiser le plus célèbre du monde selon toutes les anthologies du Cinéma. Bon film d’acteurs super bien mis en scène par celui qui nous avait régalé, l’année d’avant avec Le Train Sifflera Trois Fois. Noir et Blanc. J’ai tout dit. Le reste, l’histoire et tout le tralala, vous devrez voir le film vous-même. Tout de même.
Autre grand succès au près de ma copine, Une Après Midi de Chien (Dog Day Afternoon) de Sydney Lumet (1975) avec le grand Al Pacino qui était tout petit dans la vie. Pacino devint une star dès ce premier film qui conte un fait divers survenu à Brooklyn quelques mois plus tôt : un minable petit casse dans une banque banlieusarde qui finit en tragédie nationale. Une autre histoire d’homosexualiste traitée avec beaucoup de finesse et de tendresse. Un petit bijou qui festonne une jolie bavette sur l’intra société Américaine de rêve.
Enfin j’ai sorti de ma réserve secrète une rareté incontournable : Out of the Blue de 1980 (Garçonne) de mon ami Dennis Hopper qui avait réalisé Easy Rider en 1968, devenu le film culte par excellence, avec mon autre charmant camarade Jack Nicholson. Je dis ça pour faire mon intéressant et en mémoire de Pierre Cottrell qui me les avait présentés à Cannes, à l’époque où il y avait encore des Festivals, je vous parle de ça en 1969. Bref, pas de Nicholson dans Out of the Blue, mais un Hopper génial et la non moins géniale jeune actrice Linda Manz qui donne au film une dimension Freudienne et nous plonge dans le vertige de la merde Américaine proprement hallucinante. Vous voyez combien je suis emphatique, ce film n’est pas rien. Il raconte l’histoire de ce qui se passe en famille après que le père (Hopper) déconnant avec sa petite fille au volant de son camion percute en pleine vitesse un bus scolaire rempli des enfants du voisinage. Je vous le recommande particulièrement.
Dennis Hopper est mort trop jeune en 2010. Il est enterré près du village Navaro de Taos (New Mexico) où nous avions, lui et moi une amie partagée, Felicia Ferguson, sublime Indienne qui pour les initier, fit danser mes petits enfants pour moitié Cheyennes, au village de Taos justement.