Regards

Camus, la planète et la liberté d’agir

Par Iris Alter

LA PESTE d‘Albert Camus publié en 1947 à vécu une renaissance inattendue depuis la pandémie du Covid 19. Camus y décortique les réactions de l’individu et de la collectivité face à la peur et au désespoir que la peste entraîne : la lutte, l’engagement, héroïsme du quotidien, la réinvention de l’amour, la quête de la condition humaine, mais aussi l’absurdité et les côtés noirs de profiteurs de la misère. Une histoire qui nous paraissait loin de notre réalité il y a seulement peu de temps a soudainement une actualité mordante. Texte intégral

Emballer l’univers

Par Mylène Vignon

À l’invitation de Moufida Atig, cette exposition nous incite à percevoir le monde autrement. «Par le procédé d’une transformation enveloppante, le céramiste et le photographe nous exhortent à poser un nouveau regard à la fois étrange, mystérieux et esthétique, sur ce qui nous entoure : objets, paysages, totems et monolithes ». Alain Vagh Weinmann, présente ses plus récentes créations d’objets usuels : transat, vélo, fauteuils… comme ce Charles Eames revisité et remballé de petits carreaux de terre brute de Salernes, appliqués directement sur l’ancien support en cuir. Une seconde vie pour cet objet devenu œuvre d’art et cependant si confortablement thérapeutique (argile oblige !) On retrouve les mythiques motifs appelés « divagations » au sol de la cour de la galerie. Tout avait commencé par une voiture qui avait fait sensation sur le stand du salon Batimat (parc des expositions), explique Alain Vagh Weinmann, ce grand obsessionnel, qui porte en lui  l’ADN de toute une famille d’artistes, et quels artistes !!! Texte intégral

Foxlink Experience

Propos recueillis par Mylène Vignon

Le Renard Pâle Éditions et les groupes d’artistes Foxlink Il y a huit ans, l’expérience foxlink a pris corps, mise en œuvre par Patricia Dupuy et Bernard Soria. Cette expérience collaborative découle du «Renard Pâle Éditions» (qui compte 22 années de parutions) et va se clôturer à la galerie Terrain Vagh du 15 au 19 novembre 2022. Texte intégral

Prix 2022 du Fonds Culturel de l’Ermitage

Un Tournant décisif

Le Fonds culturel de l’Ermitage présidé par Martine Boulart et parrainé depuis sa création en 2014 par le Ministère de la Culture, en partenariat avec la mairie de Garches vient de décerner au peintre Ukrainien Misha Sydorenko, pour son exposition Les chants des Vallons, son neuvième prix Art et Nature le 24 octobre 2022 au Sénat avec le soutien du Questeur Jean-Pierre Sueur, de la maire de Garches, Jeanne Becart, en présence des sénateurs Denis Badré et Patrick Kanner, de l’Ambassadeur d’Ukraine Vadym Omelchenko, de Laurent Roturier, directeur de la DRAC Ile de France et de la conseillère régionale d’île de France Anne-Louise Mesadieu. Il vient désormais se joindre aux huit autres lauréats récompensés pour leur œuvre in situ tout au long de l’histoire du Fonds culturel : Claude Mollard, Kimiko Yoshida, Nicolas Lefebvre, Esther Ségal, Dongni Hou, Valérie Honnart, David Daoud, Jérôme Delépine. Texte intégral

Rémi Rebillard

Par Mylène Vignon

Incontournable dans le monde de la photographie du vingt-et-unième siècle, Rémi REBILLARD joue désormais dans la cour des grands. Né en France, l'artiste a fait le choix de s'installer aux Etats Unis. C'est lors de son exposition de Bruxelles, que j'ai vraiment pris conscience de la valeur de ce travail qui a déclenché chez moi, l'envie. La féminitude et ses paroxysmes, ont suscité, comme dans un miroir intime, le désir d'écrire sur notre belle complexité, nos fractures, à nous les femmes, observées à travers l'oeil du photographe. Texte intégral

Aux Frontières de l’Humain

Par Iris Alter

Changement de paradigme ? Quel est le narratif des expositions d‘art contemporain ? PANTA RHEI, "tout est constamment en métamorphose”. C’est ce que le philosophe grec Heraklit formulait déjà il y a 2700 ans. Les bouleversements multiples de notre monde actuel indiquent-t ’-il un changement de paradigme qui va au-delà de ses transformations perpétuelles ? Crise écologique, économique, sociale et sanitaire…notre monde tel qu’on le connaît est-il en train de se „défaire“ ?  Sommes-nous à un moment charnier où notre propre existence sur la planète est en jeu ? Quelle perception les artistes contemporains nous dévoilent-ils dans leur travail ? Texte intégral

Sonate atlantique

Par Sandrine Lefevre

À l’aube, éveillée par la clarté dans ma chambre, j’avance vers vous. Ô Sphinx ! Chauffé par le soleil, Dévoré par la pluie, Caressé par la sable, Vous portez les nuages sur votre dos tranquille et patient. Figé, posé sur le sol, à l’arrêt, vous resplendissez du souffle des pulsations d’aimer. Mes mains effleurent lentement votre puissante douceur. Vos traits rassurants et sculptés étoffent avec élégance tous les étés d’estampes et de beauté. Texte intégral

Musée d’Orsay

Par Henri-Hugues Lejeune

Est-ce ce silence, cette relative solitude, et aussi cette austérité parfois âpre de la nature qui n’enlève rien à sa beauté, qui nous ont donné un par un ces grands artistes, ces écrivains tourmentés et tourmenteurs qui ont apporté à la « sensibilité contemporaine » tant de ses traits, de sa manière de penser voire de ses mœurs, comme un miroir qui nous permet de nous voir comme nous les sommes qu’il s’est choisies, sans agressivité extérieure autre qu’une originalité toute en profondeur. Texte intégral

Garouste

Par Henri-Hugues Lejeune

Quelle discrète horloge a-t-elle mis en route le destin en vue de conjuguer ces jours-ci les attentions les plus diverses et les plus profondes sur l’œuvre et la personne de Gérard Garouste ? Sont-elles en mesure, sont-elles assez puissantes et concertées afin que nous puissions disposer des matériaux nécessaires pour en analyser l’énigme ? Autant celle du personnage, car elles sont nombreuses et au premier chef celle de sa destinée, du ou des buts qu’il s’assigne et des options qu’au long cours de son existence il a prises, s’est assignées, a adoptées ou qui se sont, bien souvent douloureusement, imposées à lui. Texte intégral

Chronique numéro 38 – Alain Pusel

J’embrasse la peinture

La première miniature, qui saute aux yeux et porte le rouge d’un baiser, symbole de l’amour immense de Marie Rauzy pour la peinture tout autant que l’intensité de son espièglerie, est celle qui représente le visage de Arnold Böcklin, clin d’œil à son propre autoportrait de 1872 : « Autoportrait avec la mort jouant du violon ».  Il manque le sourire goguenard de la Camarde lorgnant déjà sa prochaine victime, juste derrière l’épaule droite du joyeux luron de peintre suisse. Enfin… celui qui a peint cinq versions de l’hilarante « Ile aux morts » n’avait guère de place pour reporter de l’humour sur sa palette, son talent de fiévreux symboliste est là pour combler notre aspiration au romantisme et aux moments de mélancolie. Texte intégral

Catherine Ludeau

Par Mylène Vignon

J’ai rencontré Catherine Ludeau grâce à Véronique Grange Spahis, commissaire d’une exposition qui a laissé une trace indélébile dans ma mémoire. J’ai immédiatement été saisie par l’esthétique et la pureté de ses créations. Ses couleurs et la matière atypique qu’elle compose sont d’une modernité sans cesse réinventée au fil des années. Texte intégral

Akira Inumaru – Jour et nuit

Propos recueillis par Mylène Vignon

Pour inaugurer la saison, la galerie Terrain Vagh ouvre ses portes au Soleil Levant et accueille Akira Inumaru, jeune artiste japonais qui présentera une toute nouvelle série inédite, peinte cet été au Japon spécialement pour l’exposition. Jour et nuit est le titre de cet ensemble de quinze peintures sur toile, conçues comme autant de portraits de la nature, de l’espace, de la lumière et du temps, entre le lever et le coucher du soleil. Jour et nuit sera accompagnée de deux grandes toiles de la série Cimes et Racines exposée à l’Abbatiale Saint Ouen à Rouen d’avril à juin dernier ; trois œuvres inédites sur papier de la série Distillation solaire compléteront l’ensemble. Texte intégral

A la découverte de l’Ile de Bréhat

Par Thierry Berthé

À quelques encablures de la côte bretonne, par-delà la bonne cité de Paimpol, je vous donne rendez-vous pour y voir et revoir les îles de Bréhat. Dix minutes de navigation suffisent pour prendre pied sur l'ile principale de Bréhat, côtoyée à l’ouest par l’île Béniguet qui la sépare de l’estuaire du Trieux et par l’île Logodec au sud-est, elle est cernée de plus d’un millier d’îlots rocheux où seuls peuvent se risquer les marins du cru. L’île de Bréhat est scindée en deux par le bras de la Corderie et sa visite se mérite. En effet, il n’est pas rare d’y marcher de 15 à 20 km pour en découvrir les secrets et recoins. Texte intégral

L’espace des imaginaires, pour une architecture de l’invisible

Par Jacques Lombard

La ville, dès ses débuts, n’était-elle pas une première utopie, une première vision du monde, celle des monarques, des sultans, des maharajahs, des marchands mais aussi des tyrans, des despotes, des satrapes et des oppresseurs quand l’un ne se confond pas avec l’autre ? De Mari, l’antique cité sumérienne au bord de l’Euphrate au Welthauptsadt, le « Nouveau Berlin » de Hitler resté inachevé ou plus récemment à la Casa poporului, « la maison du peuple », édifiée par Ceausescu et digne du « Château » de Kafka, en passant par Pienza en Toscane, manière de bibelot pour un pape, on comprend que la ville est une mise en ordre de ses habitants dans le double jeu des échanges et de la déclinaison des formes symboliques du pouvoir. La cité témoigne ainsi de cette utopie, l’inscription dans l’espace d’un idéal de la vie en société, au fondement de l’idée de « bonheur », du bien vivre indispensable aux hommes, dessinée en quelque sorte à leur corps défendant et pour la plus grande gloire de son inventeur. Texte intégral