Arts

Un nouveau theatre elisabethain

Par François Coupry

Je suis agacé par les acteurs qui veulent jouer juste, être naturels, du moins avoir l’air naturel, quand la justesse du ton, du geste, n’est qu’un artifice. Et quand personne, même si l’on ne se trouve pas en représentation, ni sur une scène, ni devant une caméra, un téléphone, même dans la vie apparemment secrète, ne joue bien, mais plutôt faux, mal. Texte intégral

Ricardo Fernandez 1980 : une échappée légère dans l’Op’ Art

Par Hélène Caron – Desrosiers

Einstein a livré le monde à l’impermanence. Malévitch a donné à voir ce monde comme relativité, un espace de lumière en mouvement, un carré blanc sur fond blanc, point d’origine et d’éternel retour. Le monde est une abstraction ; de cette vérité nous ne sortirons plus jamais. L’abîme en l’homme s’est creusée au-dehors. Malévitch y voyait un espace de formes pures en apesanteur, un grand tout vidé de ses illusions sensibles, ramené au tranchant de sa réduction ultime. Texte intégral

Aventures d’un bibliothécaire (3)

Par Henri-Hugues Lejeune

Troisième Partie

La vie est un conte

Mimer les médiévistes en évaluant gravement l’orientation de la séduction à travers les âges à partir du Moyen Âge, ses mutations physiques et psychiques dès lors qu’elles se répercutent dans la littérature, le roman et autres disciplines : quel tour diabolique me suis-je joué à moi-même ? Le plus curieux en reste qu’à ce mouvement de ma part spontané et peu prévu, j’ai obéi et me suis tenu comptable à titre personnel de cette démarche improvisée.

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Pendant le Covid 8

Par Pascal Aubier

Dé-confinés ou déconfits ?  D’aucuns disent que le confinement est une escroquerie, que seuls les gestes barrières sont indispensables. En tous cas, on nous a bien emmerdés. Bref le dernier DVD qu’on a regardé avant de sortir de prison, valait la peine d’être (re)vu, profitant du temps perdu.Texte intégral

Chronique n° 15 d’Alain Pusel

Le dernier à parler

C’est le dernier qui a parlé qui a raison… Tout le monde a déjà entendu ce dicton qui devint d’ailleurs le refrain d’une chanson à succès début 90.Celui qui gagne est donc le dernier qui prend la parole ?Sans tenir compte des propos tenus, de leur véracité ou de leur portée ?Dans les dialogues socratiques, les premiers locuteurs, souvent, patinent, ou s’ils sont de faux rusés sophistes, ils sont immédiatement déconsidérés et Socrate a beau jeu, en leur succédant, faux ingénu, de les surclasser. Texte intégral

Aventures d’un bibliothécaire (2)

Par Henri-Hugues Lejeune

Seconde Partie

À travers les siècles

Je me suis entendu dire, je crois que c’est une sorte de tradition orale, d’apologue, chez messieurs les écrivains, que Drieu La Rochelle en son temps avait la réputation d’un amant particulièrement souhaitable (ceux que l’on nomme « une bonne affaire ») pour être capable de longues étreintes, quasi une heure (disait-on autour de lui ou se vantait-il ?) avant de conclure l’assaut.

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Du confinement et du confiné. Plaisirs et philosophie

Par Henri-Hugues Lejeune

Le hasard, la contingence et leurs nécessités ont contraint de nos jours ses victimes infortunées à chercher diverses occupations afin de meubler leur solitude et leurs loisirs quelque peu forcés. Il est vrai que les sages, les ingénieux… et les laborieux ont pu saisir l’occasion pour, enfin, ranger voire classer peut-être leurs archives et leur désordre. Manque jusque-là de loisir et quelque paresse dans mon cas, ce que je ne pourrais soupçonner chez mes lecteurs ! Texte intégral

Aventures d’un bibliothécaire (1)

par Henri Hugues Lejeune

Première Partie

Approche

   Je me livre actuellement, de manière bien velléitaire, au rangement de mes livres. Velléitaire ? Car je ne sais guère comment réagir s’il est question de les classer et qui pourrait prétendre « ranger » des livres s’il ne les classe, ce qui revient malheureusement à dire se classer soi-même et où allons-nous dès lors ?

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NICE CON-FINÉ

Par Ben Vautier

Bonjour ICI BEN, Voici une petite Newsletter d’un con fini confiné. (jeu de mot idiot)Je me demande qui me surveille sur le net ? Cela me rend triste. Tous les matins je trouve mon ordinateur hacké. Je soupçonne alors les services secrets Russe, Chinois, Occitans comme dans la série « le bureau des légendes » Texte intégral

Pendant le Covid 6. Un Roi à New York

Par Pascal Aubier

L’autre nuit que je ne dormais pas – on dort tellement ces jours-ci – j’ai cherché un film à voir sur les chaînes cinéma de la télévision et suis tombé sur Un Roi à New York le dernier film de Chaplin avec Charlie Chaplin lui-même dans le rôle-titre. Je ne l’avais pas vu depuis sa sortie en 1957. Texte intégral

Chronique n° 12 d’Alain Pusel

Nos fantômes dans les couloirs du temps

Qui ne se souvient de l’Un, avec ses longs bras, agités, son discours, volubile, ses doigts qui s’animent. C’est dans la classe de « Philosophie moderne » — tout un programme — déjà tourné vers les poussières du temps. L’Un donc, plus âgé que la plupart d’entre nous, basculés de l’omnibus du lycée, est tombé dans la potion moitié amère, moitié tonique, du mémoire pris repris repoussé transformé ; reprisé dans de la bonne laine dont la pelote des notions commence à filer sans qu’il ne sache plus à quel fil se fier.

Rires et grincements : Gombrowicz à l’Opéra Garnier

Par Cybèle Air

L’art lyrique admet-il le rire ? Le grotesque ? Peut-on rire à l’opéra ? La distance du rire est-elle compatible avec la saisie par l’émotion musicale de tout l’être, son emportement ? Certes le Falstaff de Verdi prête-t-il au ridicule, et le forcené de la Tablature, dans Les Maîtres Chanteurs de Wagner, s’emberlificote dans ses calculs de rimes avec un sérieux drolatique et sot. Mais la musique nous emmène, les voix nous transportent, sans que la distance, l’écart critique n’aient vraiment leur place. Texte intégral