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Festival Femmes en scènes, invitation au voyage, à l’espérance.

Par Anne Dorr

Pendant 10 jours, du 3 au 13 Mars, Nice accueille pour la 13ème édition, le festival Femmes en scènes. Différents théâtres ou lieux d’expositions vont accueillir de nombreuses œuvres de femmes artistes. Le la a été donnée par la comédienne Niçoise Françoise Nahon il y a 14 ans, lorsqu’elle jouait une pièce sur la violence faite aux femmes, "Une femme seule" de Dario Fo et Franca Rame. La force de sa pièce la bouleversait, elle rêvait que ce sujet ait une plus grande visibilté. Remettons nous 14 ans en arrière, parler de violences sur les femmes était pratiquement tabou. Et que dire des violences morales, des rejets ou des harcèlements… Françoise Nahon se posait toute une série de questions qui ont encore toutes leur place aujourd’hui. Et si l’art et la culture permettaient-ils une mise en lumière ? Quelle est justement aujourd’hui la place des Femmes dans l’Art et la Culture ? Un événement pluriculturel, un espace dédié à la production féminine peut-il aider « à rendre visible l’invisible » ? A faire sens ? On peut imaginer que oui ! Françoise fonde le festival. Le combat des femmes depuis de si nombreuses années, pour ne pas dire siècles, pour être lues, écoutées, vues, exposées commence tout doucement à porter ses fruits mais reste permanent ! Le spectre d’un retour en arrière plane continuellement… Françoise Nahon continue à porter ce festival comme le colibri apporte sa goutte d’eau, avec sincérité et courage. Admiration ! Cette année, le festival sera parrainée par Catherine Cellac. Il accueillera de nombreuses autrices, créatrices, compositrices interprètes, ainsi que des metteuses en scène - Tiens dit-on vraiment metteuses en scène ? - ainsi que des danseuses, des humoristes, des performeuses, bref, il se veut une mise en avant des arts vivants des femmes et de femmes engagées, talentueuses, audacieuses, élégantes, toutes plus touchantes les unes que les autres, apportant un point de vue différent et complémentaire. Je vous invite à regarder le site officiel https://www.femmesenscenes.com Toutes ces femmes, toutes ces œuvres portent en elles une note d’espérance. Une note qui sera le titre du spectacle d’inauguration « Espérance » et que l’on peut suivre sur une robe éphémère qui ira de spectacle en spectacle, créée pour l’occasion par l’artiste plasticienne Marie Caroline Regottaz. Chaque année, depuis 7 ans, elle propose cette robe posée sur un mannequin en bois, faite à partir de cœurs en papier qui recueillent les petits mots de soutien ou les réactions du public sur les spectacles proposés lors de ces 10 jours. La robe se construit et s’embellit de jour en jour, à l’image des liens qui se créent, des témoignages et des émotions que nous apporte l’art en général. Si on parle de lien, allons jusqu’au bout et parlons solidarité. Chaque année, une partie des bénéfices du festival va à une association qui œuvre pour aider les femmes en difficulté. L’édition 2022 apportera son aide à l’association Accueil Femmes Solidarité. Ce festival est organisé par le Collectif Femmes en Scènes, en partenariat avec la Ville de Nice et avec les soutiens de la Région Provence Alpes Côte d’Azur et du Département des Alpes – Maritimes.

Ye Xing Qian

Par Mylène Vignon

Temps retrouvé est le titre de cette exposition qui se déroule actuellement à Paris sur les cimaises de la galerie Area rue Volta. Né en Chine en 1963, Ye Xing Qian apprend à peindre dès l’âge de cinq ans, puis s’initie à la sculpture avec l’aide de son frère aîné. À seize ans, il décore déjà les temples lors de cérémonies. Un an plus tard, remarqué pour ses prestations, il expose à Leqing, sa ville natale, située près de Wenzhou. Texte intégral

La Fab

Par Véronique Grange-Spahis

En 1984, agnès et Jean-René de Fleurieu inaugurent  La galerie du jour , à deux pas de la première boutique agnès b. située rue du jour et ouverte en 1976, ainsi que du « trou des Halles ». Au même endroit est créé  La librairie Christian Bourgois , où tous les livres sont posés à plat sur une même table, la fameuse table que nous devons aux Jambons français, les anciens résidents, et qui sera installée au cœur de la librairie à La Fab. Texte intégral

Anton Martineau

Par Théodore Blaise

En ces premiers jours de l’année, à Rouen où je me promenais, j’ai découvert à la galerie Duchose, qu’anime aujourd’hui René Réthoré, un artiste dont j’ignorais tout, Anton Martineau.

Devant ces œuvres, m’est venu ce mot que je n’utilise que rarement : hâbleur. Sans doute pour la valeur de sa sonorité et parce qu’au plus loin, ce Martineau m’évoque Franz Halls, pour la truculence de ses chairs traitées d’une touche qui impose le plaisir de peindre. Il est dans l’austère Hollande protestante, le seul qui sait poser un sourire sans qu’il ne devienne rictus. Texte intégral

Le couperet est tombé

Par William Mesguich

Le couperet est tombé aussi implacable que la déflagration sanitaire, aussi dévastateur que le cauchemar le plus accablant, aussi âpre, aussi féroce qu’une hyène furieuse. Notre espérance est freinée, notre désir, émoussé, notre ardeur, pour une part, pulvérisée. Le théâtre, machine à rêver, bateau des songes, soubresauts poétiques inestimables venus de la nuit des temps et de l’intime, s’est abîmé sur l’adret et l’ubac de nos consciences hagardes, apeurées par la violence de sa soudaineté inéluctable. Texte intégral

Henri Skrobeck – Horizon

Par Mylène Vignon

Les propositions photographiques d’Henri Skrobeck se situent inversement aux clichés établis. L’objectif est positionné de sorte à saisir un moment sacré que la nature ignore probablement d’elle-même. Édouard Boubat a écrit: La photo n’est pas à l’extérieur du photographe, elle est en lui-même, comme la rencontre qu’il attend. Ses vues de Venise nous donnent à voir le paysage depuis l’intérieur, depuis l’intime. Ses photos de Bourgogne nous font saisir les prémices de la mélodie du vent. De la Bretagne, j’ai reconnu l’esprit, et dans une nature morte, j’en ai surpris la vie… Henri a quitté ce monde en 2020, et voici ce qu’il écrivait à sa sœur dans son dernier courrier daté du 25 février: Il pleut. Pluie d’été. Douce. Parfumée. Je descends la humer - cela ne peut pas faire de mal - puis retour à l’incubateur… je t’embrasse. La vie continue. Mais où? Lui, le sait désormais! Passionné d’art ancien et d’art contemporain, il était également le complice de son épouse la plasticienne Aliska Lahusen, avec laquelle il a partagé une exposition à titre posthume en décembre 2021 à Genève. L’exposition Horizon est visible jusqu’au 8 mars 2022 inclus, sur les cimaises de Heartgalerie, au 30 rue de Charonne-Paris 11ème, de 14h à 19h et sur RDV. Contact galerie: shalvak@free.fr Tel: 06 16 71 28 26    

Ludwika Ogorzelec : Je recherche un moment d’équilibre

Par Sergiusz Chądzyński

Je rencontre Ludwika au Centre d’Art contemporain de Varsovie lors de la préparation de son exposition. Je traverse les salles déjà prêtes à recevoir le public, celles où un bric-à-brac de matériaux déposés attend l’intervention du maître, celles dont l’espace est déjà cristallisé. Je passe aussi par des pièces toutes vides. Elles seront bientôt remplies par des objets. Un fond de musique asiatique accompagne ma balade à travers le chantier. Texte intégral

Ceci n’est pas Roméo et Juliette

Par Elodie Pinel

Contrairement à ce qu’annonce le titre, Ceci n’est pas Roméo et Juliette est bien une pièce sur Roméo et Juliette. Une troupe d’acteurs amateurs, déchirée par des querelles internes, donne la première de sa mise en scène de la pièce de Shakespeare. Le rideau s’ouvre sur leur panique à quelques minutes de l’entrée en scène ; car ce que nous voyons, nous, spectateurs, ce sont les coulisses. Pensée comme du théâtre dans le théâtre, la pièce nous montre l’incertitude des comédiens, leur frustration d’avoir tel ou tel rôle (comme la lunaire Zoé, incarnée par Constance Noujaim, mécontente de sa robe de princesse) et propose un texte où tout se dit avec le plus grand aplomb et le plus parfait sans-gêne, pour la plus grande joie du public. Les personnages, tous identifiables sans jamais être caricaturaux, sont joués avec une grande justesse. Le personnage de Jules, incarné par Jules Altur-Ortiz, est un Roméo attachant, secrètement amoureux de sa délicate partenaire de jeu, Emilie, jouée par Emilie Lancien. Emilie a elle-même quelque chose à cacher aux autres comédiens : une relation étrange la lie à l’une d’entre eux, qui joue la nourrice de Juliette et que joue Sylvie Dumez ; et il en va de même pour Sisi, interprétée par Sotiria Dimitriadi, qui cache quelque chose de sa relation à Virginie, jouée par Lauriane Callaou. Dans une intrigue à tiroirs, on découvre qu’une histoire clandestine lie le dragueur invétéré qu’interprète Raphaël Cochard-Marchewka, et Marie-Catherine, joué par Montaine Morice. Les confidences et révélations en coulisses, notamment provoquées par les lettres de Constance, interprétée par Céline Larmoyer, sont ponctuées par des leçons de théâtre donnée par Virginie, frustrée de ne jouer que Rosaline, cette amoureuse éconduite par Roméo qui « n’est même pas un personnage ». Et on n’oubliera pas de si tôt Paulette, la comédienne du placard, jouée par Chloé Mouchard, Nancy, la pharmacienne un peu trop féminine pour l’être vraiment, incarnée avec audace et décontraction par Florent Dussac, ni le valeureux metteur en scène Michel, joué par Bernard Guinio. Pièce chorale, Ceci n’est pas Roméo et Juliette mène du rire à l’émotion sans crier gare : les nuances de chaque rôle se déploient subtilement avec un rare sens du rythme et du dialogue. L’ensemble se regarde avec délectation, dans une communion avec des comédiens engagés, aussi amoureux de leurs rôles que le sont les amants de Vérone. On saluera en cela le travail plein de finesse de l’autrice et metteuse en scène Florence Baxley et de la compagnie 75%. Ceci n’est pas Roméo et Juliette est une pièce fraîche, enlevée et pleine d’esprit, qui réchauffe les coeurs. On en sort en ayant retrouvé l’envie d’aller au théâtre. Ceci n’est pas Roméo et Juliette, Théâtre du Gouvernail, du samedi 19 février au jeudi 31 mars, les samedis à 21h en février et les jeudis à 21h en mars.    

Pas brut du tout le Jaber

Par Théodore Blaise

L’art brut, ça n’existe pas.  Et pas de “pourquoi pas », ça n’existe plus !
L’usurpation de ce syntagme employé à toutes les sauces libertaires à propos de pratiques qui confondent licence et liberté, peu de savoir-faire avec le « non-faire », est en vogue. N’est-ce pas un des penchants du monde de l’art que de baptiser d’un nom « banquable »,tout et n'importe quoi, des machins et autres riens pour qu’ils brillent sous une appellation usurpée. Texte intégral

Les Jeunes Amants : Que voici de majesté!

Par Christian de Maussion

Avec le temps, Léo the last, Léo chantant, on se sent floué, alors vraiment. Au cinéma, Fanny Ardant contrevient à la loi du tout s’en va, à la mémoire qui flanche quand on oublie les voix. Le timbre éraillé, une langueur dont longtemps j’ai ressenti l’inutile affectation, la tonalité patricienne, entre Anna Mouglalis et Delphine Seyrig. Depuis hier, Fanny Ardant m’est révélée, malgré ses grands airs. Au cinéma de Saint Lazare, je me suis levé et j’ai marché. J’étais guéri d’une cécité. J’ai reconnu les faits. Une grande dame. Fatale. Sorte d’Ava Gardner nationale. La brune tragédienne ne compte pas pour des prunes.  Elle est impériale, ultime diva de cinéma, si joliment, précieusement décatie. Avec le temps, vient le génie de l’instant, l’évidente simplicité de la vérité. Fanny Ardant est magnifique dans ses rides, moins raide aujourd’hui, toute fripée d’humanité, toute chiffonnée de féminité. Quand elle murmure des mots, les susurre à l’oreille du toubib, on voit sa beauté s’épanouir, sa délectable figure se détacher comme un fruit mûr. « Que voici de majesté ! »  (Louis-Ferdinand Céline). Bashung. Madame rêve. Osez Joséphine. D’une vieillesse, Fanny Ardant  garde l’audace. Elle est folle d’élégance, frivole de justesse. A un âge, qui est le mien, l’actrice témoigne d’un destin, atteint la quintessence d’un art. Fanny Ardant est radieuse. Divinement cabossée. La plus belle pour aller danser, rouler dans une petite voiture. Avec le temps, Fanny Ardant s’est fanée, s’est fadée Parkinson. L’amour l’a sonnée, secouée comme un prunier. Dommage que la petite réalisatrice ne soit l’héritière ni de Truffaut ni d’Antonioni. Elle donne à l’actrice, qui se débrouille très bien toute seule, le rôle de sa vie.    

Théâtre – « Le petit coiffeur »

Par Katy Sroussy

Comme cela fait du bien de retourner au théâtre ! Nous entrons dans un cocon de velours rouge au Théâtre Rive Gauche, avec respect de la distanciation, la salle est pleine. On aperçoit  déjà le très joli décor de Juliette Azzopardi, double décor mobile,  à la lumière douce et  tamisée, qui montre  un salon de coiffure  des années 40  avec  un fauteuil authentique de cuir lustré. L’histoire se déroule à Chartres en 1944, juste après l’occupation allemande. Texte intégral

Michał Batory « Rétroperspective »

Par Sergiusz Chądzyński

Située au centre de la ville de Varsovie, facilement accessible, la « Stanska art gallérie » attire l’attention par son agencement feutré, le décor sombre des murs et des espaces très éclairés. Ceci fait d’elle un lieu idéal pour promouvoir ce qui est de mieux dans l’art d’antan et celui d’aujourd’hui, un endroit rêvé pour accueillir l’exposition de Michał Batory sous un titre très parlant de « Rétroperspective ». Texte intégral