Evenements

Arnaud Esprit Tribu

Propos recueillis par Mylène Vignon

Arnaud est une artiste française aux mille et une vies : dessinatrice humoristique aux côtés de Sempé́ et Faisan, elle collabore ensuite avec Pierre Cardin comme styliste, avant de devenir free-lance internationale, puis devient directrice artistique d’une agence de publicité́. Pendant tout ce temps, son envie de peindre et dessiner ne l’a jamais quittée. Aujourd’hui sa création est un foisonnement d’œuvres issues d’un esprit en pleine tempête. Telle une chamane, elle nous invite à̀ plonger dans sa mythologie inventée, dans ses mondes parallèles oniriques et vibratoires, peuplés de créatures sorties de nulle part mais ô combien incarnées. Les peintures exposées sont ainsi des pages habitées et extraites de son «carnet de rêves» selon ses propres termes. Carnet de rêves, voyages immobiles dans l’indicible, à la frontière de notre réel et de son monde surnaturel. Les œuvres d’Arnaud, non dénuées d’humour, nous frappent par leur force poétique, graphique, généreuse et chimérique. Surgissent alors «les humains intemporels, les monstres gentils» et autres créatures fantasmagoriques qui nous entrainent en une énergique danse tribale, joyeuse et multicolore. Cette explosion de sens et d’intentions de l’artiste Arnaud trouve naturellement sa place dans l’écrin céramiqué qu’est la Galerie Terrain Vagh, où entrent en fusion deux mondes boulimiques et instinctifs, colorés et matiérés, dans le perpétuel métissage artistique et culturel cher à la tribu Vagh-Weinmann. Il est ainsi des évidences de rencontres et de partages... L’exposition se déroulera en deux temps, du 9 mars au 2 avril, puis suivra un nouvel accrochage, du 5 au 23 avril 2022. Exposition visible du samedi au mardi de 14h à 19h, sur une proposition de Moufida Atig et Hélène Nougaro. Galerie Terrain Vagh, 24 rue des Fossés Saint Bernard Paris 5ème galerie.terrain.vagh@gmail.com Tél : 06 10 27 50 38    

Ludwika Ogorzelec : Je recherche un moment d’équilibre

Par Sergiusz Chądzyński

Je rencontre Ludwika au Centre d’Art contemporain de Varsovie lors de la préparation de son exposition. Je traverse les salles déjà prêtes à recevoir le public, celles où un bric-à-brac de matériaux déposés attend l’intervention du maître, celles dont l’espace est déjà cristallisé. Je passe aussi par des pièces toutes vides. Elles seront bientôt remplies par des objets. Un fond de musique asiatique accompagne ma balade à travers le chantier. Texte intégral

Festival Femmes en scènes, invitation au voyage, à l’espérance.

Par Anne Dorr

Pendant 10 jours, du 3 au 13 Mars, Nice accueille pour la 13ème édition, le festival Femmes en scènes. Différents théâtres ou lieux d’expositions vont accueillir de nombreuses œuvres de femmes artistes. Le la a été donnée par la comédienne Niçoise Françoise Nahon il y a 14 ans, lorsqu’elle jouait une pièce sur la violence faite aux femmes, "Une femme seule" de Dario Fo et Franca Rame. La force de sa pièce la bouleversait, elle rêvait que ce sujet ait une plus grande visibilté. Remettons nous 14 ans en arrière, parler de violences sur les femmes était pratiquement tabou. Et que dire des violences morales, des rejets ou des harcèlements… Françoise Nahon se posait toute une série de questions qui ont encore toutes leur place aujourd’hui. Et si l’art et la culture permettaient-ils une mise en lumière ? Quelle est justement aujourd’hui la place des Femmes dans l’Art et la Culture ? Un événement pluriculturel, un espace dédié à la production féminine peut-il aider « à rendre visible l’invisible » ? A faire sens ? On peut imaginer que oui ! Françoise fonde le festival. Le combat des femmes depuis de si nombreuses années, pour ne pas dire siècles, pour être lues, écoutées, vues, exposées commence tout doucement à porter ses fruits mais reste permanent ! Le spectre d’un retour en arrière plane continuellement… Françoise Nahon continue à porter ce festival comme le colibri apporte sa goutte d’eau, avec sincérité et courage. Admiration ! Cette année, le festival sera parrainée par Catherine Cellac. Il accueillera de nombreuses autrices, créatrices, compositrices interprètes, ainsi que des metteuses en scène - Tiens dit-on vraiment metteuses en scène ? - ainsi que des danseuses, des humoristes, des performeuses, bref, il se veut une mise en avant des arts vivants des femmes et de femmes engagées, talentueuses, audacieuses, élégantes, toutes plus touchantes les unes que les autres, apportant un point de vue différent et complémentaire. Je vous invite à regarder le site officiel https://www.femmesenscenes.com Toutes ces femmes, toutes ces œuvres portent en elles une note d’espérance. Une note qui sera le titre du spectacle d’inauguration « Espérance » et que l’on peut suivre sur une robe éphémère qui ira de spectacle en spectacle, créée pour l’occasion par l’artiste plasticienne Marie Caroline Regottaz. Chaque année, depuis 7 ans, elle propose cette robe posée sur un mannequin en bois, faite à partir de cœurs en papier qui recueillent les petits mots de soutien ou les réactions du public sur les spectacles proposés lors de ces 10 jours. La robe se construit et s’embellit de jour en jour, à l’image des liens qui se créent, des témoignages et des émotions que nous apporte l’art en général. Si on parle de lien, allons jusqu’au bout et parlons solidarité. Chaque année, une partie des bénéfices du festival va à une association qui œuvre pour aider les femmes en difficulté. L’édition 2022 apportera son aide à l’association Accueil Femmes Solidarité. Ce festival est organisé par le Collectif Femmes en Scènes, en partenariat avec la Ville de Nice et avec les soutiens de la Région Provence Alpes Côte d’Azur et du Département des Alpes – Maritimes.

L’été serti de Serge Plagnol

Par Cybèle Air

De la dimension de l’espace peint, personne ne parle. La peinture a perdu la troisième dimension, et se retrouve face au vide : manque une dimension, au mur, à la toile, au panneau de bois. Que fait-on avec le vide ?  Mies van der Rohe affirmait en son temps : « Less is more ». Texte intégral

Théâtre – « Le petit coiffeur »

Par Katy Sroussy

Comme cela fait du bien de retourner au théâtre ! Nous entrons dans un cocon de velours rouge au Théâtre Rive Gauche, avec respect de la distanciation, la salle est pleine. On aperçoit  déjà le très joli décor de Juliette Azzopardi, double décor mobile,  à la lumière douce et  tamisée, qui montre  un salon de coiffure  des années 40  avec  un fauteuil authentique de cuir lustré. L’histoire se déroule à Chartres en 1944, juste après l’occupation allemande. Texte intégral

Henri Skrobeck – Horizon

Par Mylène Vignon

Les propositions photographiques d’Henri Skrobeck se situent inversement aux clichés établis. L’objectif est positionné de sorte à saisir un moment sacré que la nature ignore probablement d’elle-même. Édouard Boubat a écrit: La photo n’est pas à l’extérieur du photographe, elle est en lui-même, comme la rencontre qu’il attend. Ses vues de Venise nous donnent à voir le paysage depuis l’intérieur, depuis l’intime. Ses photos de Bourgogne nous font saisir les prémices de la mélodie du vent. De la Bretagne, j’ai reconnu l’esprit, et dans une nature morte, j’en ai surpris la vie… Henri a quitté ce monde en 2020, et voici ce qu’il écrivait à sa sœur dans son dernier courrier daté du 25 février: Il pleut. Pluie d’été. Douce. Parfumée. Je descends la humer - cela ne peut pas faire de mal - puis retour à l’incubateur… je t’embrasse. La vie continue. Mais où? Lui, le sait désormais! Passionné d’art ancien et d’art contemporain, il était également le complice de son épouse la plasticienne Aliska Lahusen, avec laquelle il a partagé une exposition à titre posthume en décembre 2021 à Genève. L’exposition Horizon est visible jusqu’au 8 mars 2022 inclus, sur les cimaises de Heartgalerie, au 30 rue de Charonne-Paris 11ème, de 14h à 19h et sur RDV. Contact galerie: shalvak@free.fr Tel: 06 16 71 28 26    

Hélène Jacqz : l’exposition CARAVANE

La galerie l’Ephémère

H. Jacqz "Tout commence maintenant", 2020, photo: © Woytek Konarzewski
L’Ephémère à La Chartre-sur-le-Loir présente la nouvelle exposition
CARAVANE <Paris-Damas-Tokyo>
qui réunit les peintres
Hélène Jacqz, Ibrahim Jalal et Michio Takahashi
Du 25 juillet au 12 août 2020
L’Ephémère vous accueille
de mardi à vendredi de 15h à 19h
les samedis et dimanches de 10h à 19h
(avec une pause méridienne 13 à 15h)
Le vernissage aura lieu samedi 25 juillet de 18h à 20h.
L’Ephémère, 52 rue François Coudreux, 72340 La Chartre sur le Loir
 

Elucubrations covidentielles : collages à remonter le temps de Marc Albert-Levin

La Galerie Area

Est-il possible de recycler sa mémoire, afin d’éviter la perdre ? Ou est-ce, par définition, une notion totalement éphémère, illusoire, puisque tout ce qui apparaît est appelé un beau jour à disparaître ? Vos souvenirs colorés seraient-ils plus durables si vous les plongiez au préalable dans une machine à laver ? Vous aurez beau faire tourner et  essorer, serez-vous satisfait du résultat lorsque vos souvenirs auront séché ? Le secret se trouve dans les trois mots: chronopast (le passé), chronopeste (le présent) et chronopiste (le future). La Galerie Area , Fumihiko Harada, Alin Avila et Saisons de Culture  accueillent  Marc  Albert-Levin avec  ses «Elucubrations covodentielles »:collages, présentation de livres, lectures .
  • du 23 au 31 juillet.
  • 39 rue Volta dans le 3ème à Paris
  • Vernissage le jeudi 23 juillet à 18 h

Ceci n’est pas Roméo et Juliette

Par Elodie Pinel

Contrairement à ce qu’annonce le titre, Ceci n’est pas Roméo et Juliette est bien une pièce sur Roméo et Juliette. Une troupe d’acteurs amateurs, déchirée par des querelles internes, donne la première de sa mise en scène de la pièce de Shakespeare. Le rideau s’ouvre sur leur panique à quelques minutes de l’entrée en scène ; car ce que nous voyons, nous, spectateurs, ce sont les coulisses. Pensée comme du théâtre dans le théâtre, la pièce nous montre l’incertitude des comédiens, leur frustration d’avoir tel ou tel rôle (comme la lunaire Zoé, incarnée par Constance Noujaim, mécontente de sa robe de princesse) et propose un texte où tout se dit avec le plus grand aplomb et le plus parfait sans-gêne, pour la plus grande joie du public. Les personnages, tous identifiables sans jamais être caricaturaux, sont joués avec une grande justesse. Le personnage de Jules, incarné par Jules Altur-Ortiz, est un Roméo attachant, secrètement amoureux de sa délicate partenaire de jeu, Emilie, jouée par Emilie Lancien. Emilie a elle-même quelque chose à cacher aux autres comédiens : une relation étrange la lie à l’une d’entre eux, qui joue la nourrice de Juliette et que joue Sylvie Dumez ; et il en va de même pour Sisi, interprétée par Sotiria Dimitriadi, qui cache quelque chose de sa relation à Virginie, jouée par Lauriane Callaou. Dans une intrigue à tiroirs, on découvre qu’une histoire clandestine lie le dragueur invétéré qu’interprète Raphaël Cochard-Marchewka, et Marie-Catherine, joué par Montaine Morice. Les confidences et révélations en coulisses, notamment provoquées par les lettres de Constance, interprétée par Céline Larmoyer, sont ponctuées par des leçons de théâtre donnée par Virginie, frustrée de ne jouer que Rosaline, cette amoureuse éconduite par Roméo qui « n’est même pas un personnage ». Et on n’oubliera pas de si tôt Paulette, la comédienne du placard, jouée par Chloé Mouchard, Nancy, la pharmacienne un peu trop féminine pour l’être vraiment, incarnée avec audace et décontraction par Florent Dussac, ni le valeureux metteur en scène Michel, joué par Bernard Guinio. Pièce chorale, Ceci n’est pas Roméo et Juliette mène du rire à l’émotion sans crier gare : les nuances de chaque rôle se déploient subtilement avec un rare sens du rythme et du dialogue. L’ensemble se regarde avec délectation, dans une communion avec des comédiens engagés, aussi amoureux de leurs rôles que le sont les amants de Vérone. On saluera en cela le travail plein de finesse de l’autrice et metteuse en scène Florence Baxley et de la compagnie 75%. Ceci n’est pas Roméo et Juliette est une pièce fraîche, enlevée et pleine d’esprit, qui réchauffe les coeurs. On en sort en ayant retrouvé l’envie d’aller au théâtre. Ceci n’est pas Roméo et Juliette, Théâtre du Gouvernail, du samedi 19 février au jeudi 31 mars, les samedis à 21h en février et les jeudis à 21h en mars.    

Les fleurs volées

Par Mylène Vignon, le film d’Elisabeth Duda

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Woytek Konarzewski, pendant toute  la durée du confinement à cueilli pour nous des fleurs, qui furent ses muses au quotidien. C’est la nuit tombée,  que la cueillette avait lieu le plus souvent. Ainsi, les roses, les pavots et autres étranges coquelicots sexués, se retrouvaient au lendemain, en illustration des florilèges de nos poètes confinés,  déjà publiés au matin. Texte intégral

Herta Lebk. Histoire d’un compagnonnage

Par Mylene Vignon

Après cette période de bouleversement, la Galerie Guyenne Art Gascogne a la joie de proposer sur ses cimaises la première partie de l’exposition en trois volets, qui mettra en lien le travail d’un couple d’artistes ayant évolué dans l’univers des Indépendants bordelais, à savoir Herta Lebk (1934-2010) et son époux Claude Bellan (1933-2017). La galerie ouvre sur cette ambitieuse exposition,  par la présentation du travail d’Herta Lebk. Texte intégral