Regards

Arnaga chez Edmond Rostand

Par Thierry Berthé

C’est sur les instances de son médecin, originaire du Pays-basque, qu’Edmond Rostand s’y installa au début du siècle dernier afin d’y ménager ses bronches fragiles et de guérir une pleurésie contractée pendant les répétitions de l’Aiglon. Curieuse option, vous en conviendrez de rallier un des lieux les plus arrosés du pays. Le plateau de Valensole aurait sans doute prolongé notablement son existence. Mais l’eût-il autant inspiré ? Texte intégral

Nos adieux à Ben

Par Mylène Vignon 

Ben a quitté ce monde de la façon la plus romantique qui soit. Il a souhaité rejoindre sa muse et épouse Annie, victime d’un AVC quelques instants auparavant, en ce 5 juin 2024. Saisons de Culture a fait le choix de publier sa dernière newsletter reçue la veille. Texte intégral

Catherine Ludeau

Par Mylène Vignon

J’ai rencontré Catherine Ludeau grâce à Véronique Grange Spahis, commissaire d’une exposition qui a laissé une trace indélébile dans ma mémoire. J’ai immédiatement été saisie par l’esthétique et la pureté de ses créations. Ses couleurs et la matière atypique qu’elle compose sont d’une modernité sans cesse réinventée au fil des années. Texte intégral

Une histoire d’écureuil vue par Geert Weggen

Par Sabine Hogrel

C’est grâce à l’auteur Nadine Grandeau que j’ai découvert l’univers du photographe Geert Weggen. Nous échangions sur ces rencontres d’écureuils au hasard de nos balades, et Nadine m’a tout de suite parlé de cet artiste suédois/néerlandais, amoureux des écureuils sauvages qui passent dans son jardin. Alors forcément, impossible de résister à l’envie d’aller voir son travail. Texte intégral

Abramovic où le pouvoir de transformation

Entretien avec Iris Alter

Avec une Interview auprès des visiteurs de la rétrospective au Royal Institute of Art (RA) Depuis le début des années 70, j’ai vu des centaines d’expositions mais jamais n’avais-je été aussi profondément touchée, corps, âme et esprit, jamais ressenti une telle communion avec le public que lors de la rétrospective du travail de Marina Abramovic au Royal Institute of Art à Londres. J’ai donc décidé de partager cette experience extraordinaire et insoupçonnée par l’intermédiaire de mon vécu personnel et d’interviews improvisées avec les visiteurs. Texte intégral

L’espace des imaginaires, pour une architecture de l’invisible

Par Jacques Lombard

La ville, dès ses débuts, n’était-elle pas une première utopie, une première vision du monde, celle des monarques, des sultans, des maharajahs, des marchands mais aussi des tyrans, des despotes, des satrapes et des oppresseurs quand l’un ne se confond pas avec l’autre ? De Mari, l’antique cité sumérienne au bord de l’Euphrate au Welthauptsadt, le « Nouveau Berlin » de Hitler resté inachevé ou plus récemment à la Casa poporului, « la maison du peuple », édifiée par Ceausescu et digne du « Château » de Kafka, en passant par Pienza en Toscane, manière de bibelot pour un pape, on comprend que la ville est une mise en ordre de ses habitants dans le double jeu des échanges et de la déclinaison des formes symboliques du pouvoir. La cité témoigne ainsi de cette utopie, l’inscription dans l’espace d’un idéal de la vie en société, au fondement de l’idée de « bonheur », du bien vivre indispensable aux hommes, dessinée en quelque sorte à leur corps défendant et pour la plus grande gloire de son inventeur. Texte intégral

UNE AFFAIRE DE PRINCIPE de ANTOINE RAIMBAULT

Par Chantal Laroche Poupard, SIGNIS Farnce

Cette adaptation cinématographique de Antoine Raimbault s’inspire d’un chapitre de Hold-up à Bruxelles, les lobbies au cœur de l’Europe de José Bové et Gilles Luneau 2015 et relate une affaire véritable où le droit d’un homme bafoué a triomphé. Antoine Raimbault a déjà montré sa passion pour la justice dans son long-métrage Une intime conviction 2019. En 2024 il met à l’écran Une affaire de principe film dans lequel la démocratie montrera son pouvoir pour trouver le chemin de la vérité. Texte intégral

Vive le Parti communiste chinois !

Par Jacques Lombard

La salle de réunion était plongée dans le noir, on ne distinguait que les éléments projetés sur l’écran blanc laiteux et nacré qui réfléchissait les lucioles voletant en tourbillons, autour de l’éclairage des ordinateurs portables des participants. L’horloge administrative sur le mur indiquait IIH30, encore une demi-heure de réunion pensa-t-il. Philippe luttait sans grand succès contre le sommeil, évitant de balancer la tête dans ce lourd mouvement interrompu de temps à autre par une brusque saccade et qui aurait alors révélé son assoupissement. Il savait pourtant que ce séminaire consacré à une réflexion générale sur les différentes techniques informatiques de la reconnaissance faciale, ainsi que sur leurs conditions d’utilisation était de la plus haute importance, à tel point qu’il avait eu beaucoup de mal à trouver le sommeil et en avait profité pour relire « Une chambre à soi » de Virginia Woolf, qu’il venait d’acheter pour l’offrir à sa fille aînée à l’occasion de ses seize ans. Texte intégral

Une cabane de fortune

Par Jacques Lombard

Jean-Paul frigorifié par ces longues heures passées à filtrer les automobilistes au rond-point d’Arçonnay s’était réfugié dans leur cabane de fortune édifiée à l’aide d’un arrangement de palettes en bois consolidé par des pneus usés. Ils étaient cinq à avoir passé la nuit à cet endroit où s’ouvre l’embranchement routier pour Orléans ou Chartres quand on entre dans la ville d’Alençon. Malgré le petit déjeuner copieux offert par un restaurateur voisin, ils avaient tous du mal à se réchauffer sans doute en raison de cette nuit blanche dont ils avaient perdu l’habitude, car le plus jeune d’entre eux ou plutôt la plus jeune avait dépassé quarante-cinq ans.

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