Evenements

Sade vertigineux et inutile

Par Henri-Hugues Lejeune

Musée d'Orsay- 62 rue de Lille (VIIème) jusqu'au 18 janvier 2015
Le Musée d'Orsay, sous la décisive impulsion de Guy Cogeval, ébranle depuis quelques années la perception et la prospective de l'idée même de musée.
Un musée, héritier d'une collection royale, nationale ou autre, élargissant jusqu'ici le thème intime du cabinet particulier, exposait à titre temporaire dans un but comparatif ou didactique l'oeuvre d'un artiste, d'une école, d'une période, une discipline etc.

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Masculin / Masculin

L'Homme Nu dans l'Art de 1800 à nos jours Par Henri-Hugues Lejeune

Cette importante manifestation, minutieusement préparée, sans doute profilée de manière à faire face aux polémiques pressenties ou évidentes, aux nécessités d'exposition didactique du ou des sujets qu'elle comporte, réussit-elle son difficile pari?
La conviction et la richesse des collections du Musée d'Orsay comme les coopérations qu'il a déclenchées à ce sujet (Leopold Museum de Vienne), l'intelligence et le professionnalisme de ses organisateurs lui ont procuré l'arsenal et les arguments nécessaires pour soutenir les thèses qu'elle implique et affirme.

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Claude Mollard à l’Ermitage

Les esprits des Vallons

C’est par un beau jour d’automne, que j’ai découvert cette exposition de la série des Origènes de Claude Mollard dans un lieu exceptionnel. Une demeure fidèle à son histoire qui redevient un site culturel incontournable.
Martine  Renaud - Boulart, directeur des programmes de leadership à HEC, crée le fond culturel de l’Ermitage qui ouvre ses portes en 2014. Elle raconte d’une voix très douce, l’histoire de cette maison  située à Garches, qui appartenait à son ancêtre madame du Deffand.

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Simon Hantaï

Par Henri-Hugues Lejeune

Il s'agit ici de la première vraie rétrospective de Simon Hantaï (1922-2008),
la plus importante et la plus "panoramique" de son oeuvre, puisqu'il est mort si récemment. Elle révèle et suit avec éclat le parcours riche et complexe de ce peintre français d'origine hongroise qui a tant cherché et tâtonné.

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Métamorphoses de Christophe Honoré

Par Etienne Ruhaud

Le nom d’Ovide renvoie généralement à des souvenirs scolaires, plus ou moins agréables : contes et légendes racontées en classe, laborieuses versions latines, études de tableaux illustrant telle ou telle histoire… Dépoussiérer l’œuvre, lui donner un tour plus moderne, constitue un fameux défi. Christophe Honoré l’a relevé, choisissant de transposer les Métamorphoses aujourd’hui, tout en restant fidèle au texte.  Le résultat est surprenant, et, pour tout dire, réussi. Conducteur de poids-lourds, Jupiter enlève Europe à la sortie du lycée, quand Narcisse se perd dans la contemplation de lui-même jusqu’à tomber du haut d’un HLM. Jeune chasseur malchanceux, Actéon est abattu par un camarade après avoir été changé en cerf, puni d’avoir surpris un transsexuel pendant sa toilette, figure décalée, moderne, de Diane au bain.

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L’ANGE DU BIZARRE

Le Romantisme noir de Goya à Max Ernst

Il fallait avoir laissé de côté le Romantisme pour oublier à quel point il était pervers et n'ignorait rien du mal. Moyennant quoi on pouvait le laisser languir peu à peu, se couvrir de poussière voire se vêtir d'une certaine naïveté.

C'était d'autant plus facile que le sombre cortège qui l'avait escorté tout au long avait été réclamé par ses héritiers, le symbolisme, le fantastique, le surréalisme, toutes les révolutions et les modernités possibles et imaginables, la psychanalyse enfin, qui mettaient l'homme en face de la cruauté qui est la sienne et qui captive notre attention désormais.

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De fil en aiguille

Mycontemporary tisse du lien

En ce mois de la photo commençant, l'incontournable site artistique donne suite à l’exposition du Royal Monceau et dévoile de nouveaux talents émergeants.
 Situé au cœur d’ un quartier historique d’un Paris aux multiples secrets, l’Atelier Gustave ajoute  le charme  à l’émotion ressentie face aux œuvres des six artistes sélectionnés dans une idée de parcours initiatique à caractère résolument sacré.
D’entrée de jeu, les sphères  d’Adrienne Jalbert interpellent par leur dynamique : alliage des transparences, en opposition avec la masse et l’alchimie des matières. Un méticuleux travail de maillage plus ou moins  enrichi d’éléments minéraux  et de métaux précieux. Le cylindre fermé, dans son équilibre non euclidien, forme une protection dont l'on peinerait à s'échapper.  Nous sommes à nouveau dans vraie  proposition de cette géométrie romantique et sacrée à laquelle nous sommes conviés d’une expo l’autre.

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Martine Martine

L’obsession qui confirme la règle

En 2006, Martine Martine a répondu à la demande de Paul Métadier qui souhaitait un modelage du buste de Balzac. C’est après une longue période de réflexion que l’œuvre, in fine a vu le jour en Touraine.

Martine Lévy, alias Martine Martine a grandi dans une famille de collectionneurs. C’est probablement cette proximité - dès son plus jeune âge, avec la représentation d’un buste de Balzac par Rodin - qui a influencé la grande liberté avec laquelle elle traite sa  vision très personnelle de l’auteur de la Comédie Humaine.

Son Balzac à elle, me fait penser à l’écriture manuscrite de l’écrivain exigeant autant qu’hésitant - casse-tête perpétuel de l’éditeur qui s’épuisait à décrypter les ratures, les repentirs, les auto-caviardages et autres fantaisies balzaciennes, au fil des interminables  lignes. Que de mercis nous lui devons d’y être parvenu.

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Le cri des sirénes 1

( l'exposition )

Ben a écrit que l'océan rougit, en noir magma, sur le bleu de nos rêves  empêchés.
Et les seins nus des sirènes de Josette Rispal flottent sur l'inconsistance de la conscience collective.
Les poupées Barbie de Florence Nief-Benhamou, en  grand danger, luttent de toutes leurs forces fragiles contre cette matière létale qui déjà a emporté l'une d'entre elles, dans une vague grise.

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« Agnus Dei »

Des formules en anorexie, des millimètres de peinture écaillée par le temps, qui réduit son pigment comme le lait de la crème. Le peu se change en épaisseur, les pellicules amoindries recèlent en éclats de vieillesses. Palimpsestes méthodiques, Opalka ne cesse de tournoyer entre ses mesures quasi hiératiques, ses déversements jusqu’à l’absurde du trop au rien, du trop du rien, au rien de rien qu’il n’atteindra qu’à son rien final, c’est dire si c’est un tout. Pot de peinture noir qui devient blanc. Tremper le pinceau, tourner calmement, l’en extraire et apposer sereinement et sans lyrisme des signes de suites mathématiques, chaque touche toujours plus éclatante de l’empreinte de finitudes. Imaginer toutes ces toiles, elles qui ne sont que des écrans boulimiques de particules toutes leurrées par les plaintes du temps. Et voir comme des pellicules, entrelacs, et noeuds de toiles et voguer dans les trames binaires à la recherche du sens.

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